L’Ascension est un grand mystère que l’on envisage facilement comme une montée, une ascension corporelle. Mais saint Paul dit que notre vie est « désormais cachée avec le Christ en Dieu. » (Col 3,3) Il faut ainsi comprendre que le Christ réalise sa promesse de nous rendre un avec lui (cf. Jn 17,21) et de nous unir avec Dieu en nous (cf. Jn 17,23). Il semble donc que son ascension corporelle soit aussi sa descente spirituelle. Jésus s’élève pour que l’homme accède à sa profondeur. L’assomption de notre nature en Dieu ouvre à la présence de Dieu en nous et au milieu de nous.

N’est-ce pas cela que Jésus annonçait lorsque dans la maisonnée, il plaçait un petit enfant au milieu des disciples embarrassés (cf. Mc 9,36) ? N’est-ce pas ce que révélait le Ressuscité lorsqu’il apparut au milieu des apôtres apeurés (cf. Jn 20,19) ? « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Ac 1,11) Il est entre Marie et Joseph, au milieu d’eux.

« À moins de naître d’en haut… » (Jn 3,3) Accueillir la grâce de la résurrection nécessite de s’éveiller à une vie nouvelle.

Saint Joseph le premier fit l’expérience que « l’éveil » à la vie dans l’Esprit consiste à prendre Marie chez soi. En effet, dans l’évangile grec, le verbe « se lever » désigne aussi bien Joseph sortant du sommeil que Jésus se levant d’entre les morts. À cinq reprises (cf Mt 1,24 ; 2,13.14.20.21), saint Matthieu souligne que « à son éveil », Joseph prit chez lui son épouse, pour faire comprendre que Joseph « ressuscita » en accueillant Marie et l’Enfant.

Ainsi, en prenant Marie pour épouse, saint Joseph révèle qu’elle est la mère de tout baptisé.

Les amours humaines sont difficiles. Quelle est la part de Dieu dans ces chemins compliqués ?

David et Bethsabée, par exemple. Au départ, le roi est de trop : Bethsabée est mariée. Et pourtant… il sait obscurément que la femme de Urie s’offrant à ses regards indiscrets est pour lui. David est un conquérant, il n’a pas peur de prendre de force, de prendre une vie puisqu’il le faut, pour posséder celle qu’il veut. Il sera sévèrement dénoncé par Nathan, mais finalement Dieu semble épouser ses projets : le couple est béni d’un nouvel enfant et Dieu aime Salomon (cf. 2S 12,24-25). N’est-ce pas l’essentiel ? L’heureuse conclusion n’est-elle pas la garantie que nos errements ne mettent jamais Dieu en échec ? Les amants se sont rencontrés, sans doute y étaient-il destinés, et il se sont mariés. Le chemin fut douloureux, mais le monde est ainsi fait. L’enfant sera heureux, il sera roi et béni de Dieu. Faut-il attendre davantage ?

Courageusement, saint Joseph nous enseigne que les chemins torturés et les raccourcis de la violence ne sont pas une fatalité. Pour Joseph, sa consécration à Dieu passe avant tout et explique tout dans sa vie. Ainsi, le jour où il se sent de trop parce que sa propre femme semble lui être prise, les nuits où il réfléchit au chemin que la Loi divine ouvre devant lui, Joseph décide que seul vaut ce qui donné. Décision magnifique et exemplaire. Il ne prendra pas, il n’empruntera pas, il ne forcera pas la main de Dieu. On ne contraint pas Dieu, on reçoit de lui, on le reçoit lui. La violence héréditaire et le désir de posséder, enseigne saint Joseph, peuvent être vaincus par qui accueille le don de Dieu, lequel est l’enfant Jésus.

Chercher la joie de Jésus avec Joseph, c’est trouver les chemins pacifiques par lesquels Dieu comble ses bien-aimés.

Famille de Saint Joseph
Top ?
Suivez nous :