interprétation orthodoxe de Nombres 21 4-10

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Bertrand G.

interprétation orthodoxe de Nombres 21 4-10

Message par Bertrand G. »

Comment comprendre le texte des Nombres sur le serpent d'airain. Le serpent y perd-il sa symbolique de figure du malin; pour une autre païenne , telle qu'on la trouve représentée dans le caducée?

Mais pourquoi l'évangéliste reproduit-il la parole:" Comme Moîse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé les Fils de l'homme" ( Jean, 3 14)
Cela ne peut-il se prêter à toutes les interprétations ésotériques que vous combattez?

Faut-il voir dans le serpent sur le bâton, un symbole du péché vaincu sur la croix?
Mais alors pourquoi est-il dit que le serpent a été élevé? :?:

Merci de m'éclairer sur ce point d'exégèse.

Bertrand G.

P. Joseph-Marie
Messages : 1327
Enregistré le : 5 sept. 2003

Message par P. Joseph-Marie »

L’épisode du « serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert », fait allusion à une pratique un peu ambiguë, vestige d’un vieux rite magique.
Le désert est un espace inhospitalier où rôde la mort. Or c’est à ce lieu qu’est rattachée pour « tout homme qui croit » une possibilité de vivre, et même d’« obtenir la vie éternelle ».
Le paradoxe est encore accru par le fait que les hommes obtiennent le salut par la médiation d’un serpent, qui est normalement l’agent mortifère par excellence : voilà que cet animal qui porte la mort dans sa gueule, devient vecteur de vie par son élévation.
Moïse en effet n’a pas exterminé les serpents, ni empêché qu’ils mordent les israélites ; mais à ceux qui étaient mordus, il propose d’échapper à la conséquence mortelle de la morsure, en les invitant à lever les yeux vers le serpent élevé sur le mât.
Par cette position insolite, ce serpent - animal terrestre par excellence – est arraché à sa signification habituelle, et se trouve investi d’un sens nouveau, qu’il tire de l’élément auquel il est associé par son élévation, à savoir le ciel.
C’est ainsi que la mort du Fils de l’homme aura pour tout homme qui lève vers lui les yeux - c'est-à-dire qui croit en lui – le pouvoir de l’arracher à sa condition mortelle pour lui ouvrir les portes de la vie.
Le regard élevé vers le Fils de l’homme crucifié est une allusion au prophète Zacharie : « Mais je répandrai sur la maison de David et sur l'habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils regarderont vers moi. Celui qu'ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique; ils le pleureront » (Za 12, 10).

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