Rémy a écrit :Vous dites à juste titre que "la justice requiert la réparation des torts causés", mais vous ne dites pas que : "EN CHAQUE CAS LA REPARATION DU MAL ET DU SCANDALE, LE DEDOMMAGEMENT DU TORT CAUSE, LA SATISFACTION DE L'OFFENSE, SONT CONDITIONS DU PARDON." : Encyclique Dives in Miséricordia, 1980, : www.vatican.va/edocs/FRA0073/_INDEX.HTM
§VII, ss-§ 14 (vers la fin). Le Christianisme à l'eau de rose est une utopie !
J'ai relevé ceci dans le Catéchisme de l'Eglise catholique à propos du devoir de réparation : " Toute fautre commise à l'égard de la justice et de la vérité appelle le devoir de réparation, même si son auteur a été pardonné. Lorsqu'il est impossible de réparer un tort publiquement, il faut le faire en secret. Si celui qui a subi un préjudice ne peut être directement dédommagé, il faut lui donner satisfaction moralement, au nom de la charité. Ce devoir de réparation concerne aussi bien les fautes commises à l'égard de la réputation d'autrui. Cette réparation, morale et parfois matérielle, doit s'apprécier à loa mesure du dommage qui a été causé. elle oblige en conscience." 'Canon 2487, Mame/Plon 1992, p.502.)
Merci pour toutes vos bonnes réponses sur ce forum.
Alexandre Casuiste a écrit :
Afin d'éviter de graves malentendus, je crois qu'il faut préciser que les mots "commisération", "pitié" et "miséricorde" sont à peu près synonymes, avec cependant des nuances essentielles qu'il faut souligner !
Or combien de gens qu'on appelle "nécessiteux" parce qu'ils sont "dans la mouise" jusqu'au cou ne sont pas dans cette situation parce qu'ils ont péché mais parce que la Société ne veut pas d'eux ?
Il me semble que chacun doit interroger sa conscience pour voir si il lui est arrivé ne serait-ce qu'une seule fois dans sa vie d'accomplir un acte de Charité authentiquement chrétienne. La plupart du temps on profite de la détresse humaine dans l'espoir secret d'éterniser par-là son misérable moi, quand ce n'est pas pour acquérir à peu de frais une des vertus de l'eau minérale : être reconnu d'utilité publique ! Les vrais miséreux ne sont pas ceux qu'on pense !
Et même la charité peut devenir justice. On a un beau texte de st Chrisostome dans le Catéchisme de l'Eglise catholique : "Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens c'est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons mais les leurs." "Il faut satisfaire d'abord aux exigences de la justice, de peur que l'on offre comme don de charité ce qui est déjà dû en justice." Et St Grégoire le grand de renchérir : " Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne leur faisons point de largesses personnelles, mais nous leur rendons ce qui est à eux. Nous remplissons bien plus un devoir de justice que nous n'accomplissons un acte de charité." (Mame 1992, p.496, n° 2446).
Bonjour. Ce sujet de la charité est interessant. Voilà je veux témoigner. Je suis passé hier devant une personne en très grande difficulté (c(est peu dire : un état de délabrement incroyable!) et je dois dire que je n'est rien fais pour lui venir en aide, mais je me dis qu'elle non plus ne fait pas grand chose par elle même pour s'en sortir etc... C'est ce qu'on fait tous, on cherche des excuses à notre lâcheté ! Je me dis qu'un prêtre dans mon cas en aurait fait autant ! Est-ce qu'un prêtre ferait pareil alors qu'il est ministre de Dieu et doit montrer l'exemple. Que faut-il faire dans ce cas ?
merci pour votre forum qui m'aide dans ma foi bien faible comme une graine de sénevé.
Je vais probablement vous décevoir, mais je crois que je suis aussi démuni que vous, et je me sens aussi pitoyable que vous devant certaines détresses humaines, que je ne sais par quel bout prendre ! Comme vous j’ai mille bonnes excuses pour passer mon chemin, et j’ai toujours mauvaise conscience. Si j’écoute des spécialistes de l’accueil et de l’accompagnement de ce genre de détresses (je suppose que vous parlez de personnes que l’on voit sur la rue ?) ils nous disent qu’il n’est pas toujours opportun de donner une aide matérielle, que ces personnes peuvent recevoir dans des lieux d’accueils conçus pour cela ; par contre un regard, un sourire, une parole, un brin de causette sont toujours possible et bienvenus. J’ai essayé de mettre cette théorie en pratique, et je me rends compte qu’effectivement la priorité consiste à réussir à rétablir un contact humain, avec ces personnes qui n’en ont parfois même plus l’apparence, et qui pourtant au fond de leur détresse, attendent cette main tendue pour retrouver un peu de dignité. Je ne prétends pas que cela résout tout, loin de là, et je termine en vous redisant ma mauvaise conscience devant ces détresses profondes devant lesquelles je me sens si impuissant, tout prêtre de Jésus-Christ que je sois…