Comment un chrétien peut-il accepter d'aller au ciel au prix du sang de son Dieu?
Aucune vie ne vaut le sang d'une autre vie.
Ma vie ne vaut la vie d'aucune victime, que celle-ci soit un animal, un homme ou un Dieu.
Il faut être d'un orgueil incommensurable pour accepter qu'un Dieu, Fils de Dieu, soit humilié par des bourreaux ignares et cruels.
Jamais je n'accepterai qu'un Christ, homme ou Dieu, ou l'un et l'autre, soit fouetté, ridiculisé, injurié, pour mon salut éternel.
Je refuse d'accréditer de telles pratiques sanguinaires et de me montrer complice des assassins par mon acceptation.
Tout croyant qui accepte d'aller au ciel au prix du sang et des humiliations de son Dieu devient complice d'un crime abject et sacrilège commis à son profit et à celui de l'humanité.
Par leur silence et leur passivité, le Dieu Souverain des cieux, l'Esprit Saint, les Apôtres, noyau initial de l'Eglise, l'Eglise, qui ont laissé les boureaux commetre leur forfait en toute impunité, sont tous complices d'un même crime.
Les flots de sang qui encombrent, à souhait, le film de Gilson ne parviennent pas à dissimuler cette terrible vérité que l'Eglise s'efforce en vain de dissimuler.
En dénonçant ce crime et l'horreur barbare de ce crime, j'ai décidé de me délivrer de l'accusation énoncée par l'Eglise catholique qui prétend que nous sommes toutes et tous coupables du péché du Gologotha.
le prix du sang
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Je crois qu’il serait bon de suivre un petit cours de sotériologie ! J’ose espérer qu’aucun chrétien n’adhère à ce que vous dénoncez. Le mystère du Golgotha est un mystère d’amour et rien d’autre. Jésus a « neutralisé » en lui toute la violence et la haine du monde pour pouvoir nous pardonner. La miséricorde, c’est le cœur de Dieu qui se penche sur la misère de l’homme pour la prendre en lui et la guérir. Jésus a voulu passer par notre souffrance et de notre mort, afin de les remplir de sa présence de sorte que rien ne nous sépare de lui.
Je ne crois pas que l’acceptation de l’amour fou de Dieu soit de l’orgueil ; par contre le refus d’être sauvé à ce prix pourrait bien en être ! Qui sommes-nous pour décider ce que Dieu peut faire ou pas ; ou encore par quels chemins il est autorisé à nous sauver ?
Quand à votre complicité avec ce drame : sachez que Jésus est mort pour tous les hommes sans exception, même pour ceux qui refusent son témoignage d’amour ; car il espère jusqu’au bout leur conversion. L’humilité consiste non pas à refuser hautainement le salut, mais à accepter humblement d’être sauvé par des chemins incompréhensibles pour les pauvres aveugles que nous sommes.
Je ne crois pas que l’acceptation de l’amour fou de Dieu soit de l’orgueil ; par contre le refus d’être sauvé à ce prix pourrait bien en être ! Qui sommes-nous pour décider ce que Dieu peut faire ou pas ; ou encore par quels chemins il est autorisé à nous sauver ?
Quand à votre complicité avec ce drame : sachez que Jésus est mort pour tous les hommes sans exception, même pour ceux qui refusent son témoignage d’amour ; car il espère jusqu’au bout leur conversion. L’humilité consiste non pas à refuser hautainement le salut, mais à accepter humblement d’être sauvé par des chemins incompréhensibles pour les pauvres aveugles que nous sommes.
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arno
pour Jeanne
Jeanne a écrit "Il faut être d'un orgueil incommensurable pour accepter qu'un Dieu, Fils de Dieu, soit humilié par des bourreaux ignares et cruels." Je pense que pour beaucoup de chrétiens, c'est une souffrance de savoir que Dieu ait été jusque la crucifixion pour nous sauver.
Personnellement, j'éprouve une grande honte et une vraie humiliation en y pensant,
quand je parviens à regarder la croix...C'est aussi un beau pavé dans la mare que Dieu a lancé dans le monde de nos idées... sur Dieu. Et quand je songe à Dieu, celui qui est mort pour nous (et pas celui de Mahomet), une question ne cesse de me tarauder:
Bon sang, mais QUI est-il? Dieu, par la personne de Jésus, renouvelle le questionnement sur sa personne et ravive terriblement le désir de l'homme d'aller à sa rencontre.
Personnellement, j'éprouve une grande honte et une vraie humiliation en y pensant,
quand je parviens à regarder la croix...C'est aussi un beau pavé dans la mare que Dieu a lancé dans le monde de nos idées... sur Dieu. Et quand je songe à Dieu, celui qui est mort pour nous (et pas celui de Mahomet), une question ne cesse de me tarauder:
Bon sang, mais QUI est-il? Dieu, par la personne de Jésus, renouvelle le questionnement sur sa personne et ravive terriblement le désir de l'homme d'aller à sa rencontre.
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jeanne
le refus du sang (suite)
Vous dites que "Jésus a voulu passer par notre souffrance et notre mort, afin de les remplir de sa présence de sorte que rien ne nous sépare de lui".
Dit de cette façon le message serait acceptable, mais vous prenez soin d'oublier que Jésus ne s'est pas contenté de souffrir et de mourir comme la majorité des individus, mais qu'il a volontairement participé, à la demande de son Père, à un crime sacrificiel de sang.
C'est ce sang que nous refusons d'accepter comme nous refusons tout sacrifice quelle que soit la victime, l'enfant d'un animal, l'enfant d'un homme, l'enfant d'un Dieu.
Si l'on veut générer une religion d'Amour, il faut aller au bout de l'aventure de l'amour et refuser qu'un crime de sang serve à notre salut.
Quel théologien réussira à nous faire admettre que l'humanité criminelle doit être impérativement sauvée par le moyen d'un crime et seulement par un crime?
L'assassinat d'un Fils de Dieu serait la seule solution trouvée par le Père Souverain des cieux pour sauver les descendants d'Abel mais aussi de Caïn?
Dit de cette façon le message serait acceptable, mais vous prenez soin d'oublier que Jésus ne s'est pas contenté de souffrir et de mourir comme la majorité des individus, mais qu'il a volontairement participé, à la demande de son Père, à un crime sacrificiel de sang.
C'est ce sang que nous refusons d'accepter comme nous refusons tout sacrifice quelle que soit la victime, l'enfant d'un animal, l'enfant d'un homme, l'enfant d'un Dieu.
Si l'on veut générer une religion d'Amour, il faut aller au bout de l'aventure de l'amour et refuser qu'un crime de sang serve à notre salut.
Quel théologien réussira à nous faire admettre que l'humanité criminelle doit être impérativement sauvée par le moyen d'un crime et seulement par un crime?
L'assassinat d'un Fils de Dieu serait la seule solution trouvée par le Père Souverain des cieux pour sauver les descendants d'Abel mais aussi de Caïn?
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jeanne
le prix du sang
Mon Père
Vous écrivez ceci:
"Le mystère du Golgotha est un mystère d’amour.
Jésus a « neutralisé » en lui toute la violence et la haine du monde pour pouvoir nous pardonner."
A quel moment et de quelle façon concrète, Jésus a-t-il neutralisé la violence et la haine du monde?
Nous sortons d'un siècle qui a vêcu les pires horeurs que l'humanité ait jamais vêcues.
L'homme a réussi à fabriquer des armes de plus en plus destructrices, capables, comme à Nagasaki et à Iroshima de tuer des centaines de milliers d'êtres humains.
Les nazis ont exterminé six millions de juifs dans les camps de la mort, réussissant à industrialiser l'assassinat d'un peuple.
Ces crimes, le Christ les a-t-il pardonnés?
Personne ne peut le croire.
Quand l'horreur a dépassé certaines limites, le pardon n'est plus possible.
Comment Dieu pourrait-il pardonner Auschwitz sans donner raison aux assassins?
Croyez-vous que les victimes soient disposées à pardonner?
Dieu peut-il pardonner les crimes qu'il a laissé commettre?
Pas une seule fois en deux mille ans, Dieu s'est dressé contre les crimes, qu'ils soient politiques et religieux.
Il n'a pas empêché l'assassinat de son Fils.
Il n'a pas interdit les bûchers de l'Inquisition.
Il n'a pas mis en déroute les nazis quand ceux-ci ont commis les horreurs que l'on sait.
En se taisant, en n'agissant pas, Dieu s'est fait le complice des assassins.
Croyez-vous vraiment que les juifs d'Auschwitz ont été satisfaits de savoir que "Jésus a voulu passer par leurs souffrance et par leur mort, afin de les remplir de sa présence de sorte que rien ne les sépare de lui."
Dans ce que vous dites, le réel est toujours absent. Vous parlez du Christ comme d'un Dieu isolé du monde, qui vit la tête dans les cieux soigneusement séparés de la terre et qui ne fait jamais référence aux événements concrets de l'histoire.
Les Evangiles sont le meilleur témoignage à ce sujet.
Pas une seule fois, Jésus ne parle de ce qui se passe autour de lui, en Palestine, sur le pourtour de la Méditerrannée soumise par la conquête romaine.
Son indifférence à l'histoire, comme son indifférence à une nature et à un univers qu'il est censé avoir créé est, reconnaissons-le, de la part de Dieu, une étonnante manifestation d'ignorance.
Le mot "neutraliser" que vous employez convient parfaitement à ce que fait Dieu.
Dieu neutralise le siècle, les hommes, la terre et l'univers.
A quoi servons-nous?
Vous écrivez ceci:
"Le mystère du Golgotha est un mystère d’amour.
Jésus a « neutralisé » en lui toute la violence et la haine du monde pour pouvoir nous pardonner."
A quel moment et de quelle façon concrète, Jésus a-t-il neutralisé la violence et la haine du monde?
Nous sortons d'un siècle qui a vêcu les pires horeurs que l'humanité ait jamais vêcues.
L'homme a réussi à fabriquer des armes de plus en plus destructrices, capables, comme à Nagasaki et à Iroshima de tuer des centaines de milliers d'êtres humains.
Les nazis ont exterminé six millions de juifs dans les camps de la mort, réussissant à industrialiser l'assassinat d'un peuple.
Ces crimes, le Christ les a-t-il pardonnés?
Personne ne peut le croire.
Quand l'horreur a dépassé certaines limites, le pardon n'est plus possible.
Comment Dieu pourrait-il pardonner Auschwitz sans donner raison aux assassins?
Croyez-vous que les victimes soient disposées à pardonner?
Dieu peut-il pardonner les crimes qu'il a laissé commettre?
Pas une seule fois en deux mille ans, Dieu s'est dressé contre les crimes, qu'ils soient politiques et religieux.
Il n'a pas empêché l'assassinat de son Fils.
Il n'a pas interdit les bûchers de l'Inquisition.
Il n'a pas mis en déroute les nazis quand ceux-ci ont commis les horreurs que l'on sait.
En se taisant, en n'agissant pas, Dieu s'est fait le complice des assassins.
Croyez-vous vraiment que les juifs d'Auschwitz ont été satisfaits de savoir que "Jésus a voulu passer par leurs souffrance et par leur mort, afin de les remplir de sa présence de sorte que rien ne les sépare de lui."
Dans ce que vous dites, le réel est toujours absent. Vous parlez du Christ comme d'un Dieu isolé du monde, qui vit la tête dans les cieux soigneusement séparés de la terre et qui ne fait jamais référence aux événements concrets de l'histoire.
Les Evangiles sont le meilleur témoignage à ce sujet.
Pas une seule fois, Jésus ne parle de ce qui se passe autour de lui, en Palestine, sur le pourtour de la Méditerrannée soumise par la conquête romaine.
Son indifférence à l'histoire, comme son indifférence à une nature et à un univers qu'il est censé avoir créé est, reconnaissons-le, de la part de Dieu, une étonnante manifestation d'ignorance.
Le mot "neutraliser" que vous employez convient parfaitement à ce que fait Dieu.
Dieu neutralise le siècle, les hommes, la terre et l'univers.
A quoi servons-nous?
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Le philosophe Jankélévitch écrivait que lorsque le crime était à ce point inhumain, qu’il ne pouvait même plus être expié par le bourreau, alors précisément le pardon était la seule chose qui demeurait possible. Si un homme, un philosophe a pu penser cela, alors Dieu a pu le réaliser.
Vous dites que personne ne peut le croire : je respecte votre cri, car il me semble qu’il est sincère et procède d’une révolte indignée (tout à fait légitime) contre le mal et son cortège intolérable de souffrance ; mais je réfute pourtant cette affirmation en confessant que je crois que le Seigneur Jésus a pardonné tous les crimes de tous les hommes. Il a voulu le faire parce qu’il est le Verbe du Dieu qui n’est qu’amour, et il a pu le faire précisément parce qu’il est le tout-puissant, qui a mis la toute-puissance de l’amour au service du salut de l’homme.
Quant au pardon offert par les victimes à leur bourreau, la liste serait trop longue : je ne citerai que deux victimes des camps nazis auxquels vous faites allusion : Corry Ten Boom et le Père Maximilien Kolbe.
Il est par contre étonnant de vous entendre reprocher au Christ son « indifférence » : le scandale du christianisme est au contraire que nous osons prétendre que Dieu soit intervenu dans l’histoire au point de s’y incarner. Trouvez moi une autre Tradition religieuse qui annonce un Dieu qui s’incarne ? Quant à l’indifférence de Jésus par rapport à la souffrance des hommes : avez-vous lu l’Evangile ? A quoi Jésus passe-t-il son temps sinon à se pencher sur la misère des hommes, au point de l’étreindre en lui sur la croix ? Notre-Seigneur n’a cessé de faire éclater le carcan religieux juif pour l’ouvrir sur la diaspora, sur l’universalité du monde. Paul ne s’est-il pas épuisé à porter la Bonne Nouvelle dans tout le bassin méditerranéen, et les apôtres ne l’ont-ils pas porté jusqu’aux limites du monde ?
Vous auriez peut-être préféré un Dieu qui empêche l’homme de faire le mal, autrement dit un Dieu qui réduit l’homme à n’être qu’une marionnette entre ses mains ? Le Dieu biblique respecte trop l’homme qu’il a créé à son image, c'est-à-dire libre, pour le réduire ainsi à un objet de manipulation ; il a préféré courir le risque de la liberté comme condition de possibilité de l’amour. Et il a couru ce risque jusqu’à l’ultime solidarité, prenant sur lui toutes les conséquences de nos égarements pour nous y offrir une nouvelle opportunité de revenir à lui.
Vous accusez Dieu à la fois d’ « indifférence » et de « neutraliser » les hommes : comment conciliez vous ces contradictions ?
Je crois qu’avant de pousser plus loin la réflexion, il est indispensable de lire et de méditer l’Evangile en essayant de maîtriser vos passions et en prenant conscience de vos a priori ; sans quoi nous allons nous enfermer dans un dialogue de sourd : je vous parle de toute évidence d’un christianisme que vous ne connaissez pas, sans doute parce que vous ne l’avez pas reçu de la Source évangélique. C’est donc là que nous nous donnerons rendez-vous.
Vous dites que personne ne peut le croire : je respecte votre cri, car il me semble qu’il est sincère et procède d’une révolte indignée (tout à fait légitime) contre le mal et son cortège intolérable de souffrance ; mais je réfute pourtant cette affirmation en confessant que je crois que le Seigneur Jésus a pardonné tous les crimes de tous les hommes. Il a voulu le faire parce qu’il est le Verbe du Dieu qui n’est qu’amour, et il a pu le faire précisément parce qu’il est le tout-puissant, qui a mis la toute-puissance de l’amour au service du salut de l’homme.
Quant au pardon offert par les victimes à leur bourreau, la liste serait trop longue : je ne citerai que deux victimes des camps nazis auxquels vous faites allusion : Corry Ten Boom et le Père Maximilien Kolbe.
Il est par contre étonnant de vous entendre reprocher au Christ son « indifférence » : le scandale du christianisme est au contraire que nous osons prétendre que Dieu soit intervenu dans l’histoire au point de s’y incarner. Trouvez moi une autre Tradition religieuse qui annonce un Dieu qui s’incarne ? Quant à l’indifférence de Jésus par rapport à la souffrance des hommes : avez-vous lu l’Evangile ? A quoi Jésus passe-t-il son temps sinon à se pencher sur la misère des hommes, au point de l’étreindre en lui sur la croix ? Notre-Seigneur n’a cessé de faire éclater le carcan religieux juif pour l’ouvrir sur la diaspora, sur l’universalité du monde. Paul ne s’est-il pas épuisé à porter la Bonne Nouvelle dans tout le bassin méditerranéen, et les apôtres ne l’ont-ils pas porté jusqu’aux limites du monde ?
Vous auriez peut-être préféré un Dieu qui empêche l’homme de faire le mal, autrement dit un Dieu qui réduit l’homme à n’être qu’une marionnette entre ses mains ? Le Dieu biblique respecte trop l’homme qu’il a créé à son image, c'est-à-dire libre, pour le réduire ainsi à un objet de manipulation ; il a préféré courir le risque de la liberté comme condition de possibilité de l’amour. Et il a couru ce risque jusqu’à l’ultime solidarité, prenant sur lui toutes les conséquences de nos égarements pour nous y offrir une nouvelle opportunité de revenir à lui.
Vous accusez Dieu à la fois d’ « indifférence » et de « neutraliser » les hommes : comment conciliez vous ces contradictions ?
Je crois qu’avant de pousser plus loin la réflexion, il est indispensable de lire et de méditer l’Evangile en essayant de maîtriser vos passions et en prenant conscience de vos a priori ; sans quoi nous allons nous enfermer dans un dialogue de sourd : je vous parle de toute évidence d’un christianisme que vous ne connaissez pas, sans doute parce que vous ne l’avez pas reçu de la Source évangélique. C’est donc là que nous nous donnerons rendez-vous.
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Hannah
- Messages : 62
- Enregistré le : 15 févr. 2004
Nous avons un exemple connu de quelqu'un qui a pardonné à celui qui a tenté de l'assassiner : Jean-Paul II. Et je suis convaincue que c'est sa foi qui lui a permis de poser ce geste, qui en déroute certains.
Comme Paul Claudel (je crois) le disait : "Dieu n'est pas venu supprimer ou expliquer la souffrance, mais Il est venu la remplir de sa Présence."
Comme Paul Claudel (je crois) le disait : "Dieu n'est pas venu supprimer ou expliquer la souffrance, mais Il est venu la remplir de sa Présence."