cher père,
j'aimerais savois si l'enfer existe, oui ou non.?
Des catholiques compétants m'affirment que l'enfer c'est de ne pas aimer, que tout le reste sont des notions dépassées, qui ne sont plus valables;
J'aimerais juste savoir la vérité.
Merci pour votre foi et votre force.Merci de m'aider.
l'enfer
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Je vais laisser répondre le cardinal Urs von Balthasar, qui disait en substance : l’enfer est une « possibilité réelle ».
1- Une « possibilité » car ce n’est pas Dieu qui le crée : notre Seigneur n’a pas depuis toute éternité prévu dans son projet un tournebroche à vitesse variable pour ceux qui lui résisteraient !
2- Mais si l’enfer n’est pas une nécessité, il est néanmoins une possibilité « réelle », car la liberté humaine et bel et bien réelle.
L’Eglise me demande d’entendre la menace d’une possible perdition comme une question tout à fait existentielle qui m’est personnellement adressée. Les paroles de l’Ecriture indiquent la gravité absolue de la décision ; une gravité absolument vitale. Je peux par moi-même, être celui qui m’enferme dans la solitude absolue, mortelle, définitive du refus de Dieu. Le cardinal Ratzinger écrit à ce propos : « Le Christ ne voue personne à la perdition, il est exclusivement salut. Il ne décrète pas la damnation, elle est là où l’homme demeure loin de lui, elle vient de ce qu’il persiste dans l’égoïsme. La parole du Christ comme offre de salut montrera alors sans équivoque que l’homme perdu a tracé lui-même les frontières qui le séparent du salut. »
Quant à la nature des tourments, Origène adopte l’interprétation d’un feu spirituel, les tourments de la conscience de l’âme pécheresse qui se sait définitivement exclue de l’ordre divin : « “Allez dans le rougeoiement de votre feu, au milieu des brandons que vous-mêmes attisez” (Is 50, 11). Ces paroles semblent signifier que chaque pécheur allume lui-même les flammes de son propre feu et qu’il n’est nullement plongé dans un feu allumé par un autre et existant avant lui. L’aliment et la matière de ce feu, ce sont nos péchés, que l’apôtre Paul traite de “bois, foin et paille” (1 Co 3, 12) ».
Cette interprétation spirituelle du feu sera reprise par Saint Ambroise : « Qu’est-ce que les ténèbres extérieures ? Y a-t-il là une prison, des cavernes où sera enchaîné le coupable ? Non, ceux qui persistent à vivre hors de la promesse et de l’ordre divins sont dans les ténèbres extérieures. Il n’y a donc pas, en réalité, de grincements de dents ni de feu alimenté éternellement par des flammes matérielles, il n’y a pas de ver physique. »
Bien des auteurs de la littérature auront la même intuition ; citons Bernanos, qui fait dire au curé de campagne : « L’enfer, chère Madame, c’est de ne plus aimer ».
Plus loin, Luise Rinser déclare : « J’ai une certaine idée de l’enfer. On y est assis, totalement abandonné de Dieu et l’on sent qu’on ne peut plus aimer, jamais plus, et que plus jamais on ne rencontrera un être humain, jusque dans l’éternité. »
C.S. Lewis ajoute : « Toute fermeture de la créature sur le cachot de son propre cœur finit par devenir l’enfer. »
Rappelons aussi la parabole de l’oignon, proposée par Dostoïevski dans Les frères Karamazov : une vieille mégère est retirée du lac de feu par un ange, elle se tient à l’oignon qu’elle avait autrefois donné à une mendiante – la seule bonne action de sa vie ; les autres pécheurs, voyant la scène, s’agrippèrent à elle, voulant profiter de l’aubaine. « Mais la femme, qui était fort méchante, leur donnait des coups de pieds : “C’est moi qu’on tire et non pas vous ; c’est mon oignon, non le vôtre”. A ces mots, l’oignon se rompit. La femme retomba dans le lac, où elle brûle encore. »
1- Une « possibilité » car ce n’est pas Dieu qui le crée : notre Seigneur n’a pas depuis toute éternité prévu dans son projet un tournebroche à vitesse variable pour ceux qui lui résisteraient !
2- Mais si l’enfer n’est pas une nécessité, il est néanmoins une possibilité « réelle », car la liberté humaine et bel et bien réelle.
L’Eglise me demande d’entendre la menace d’une possible perdition comme une question tout à fait existentielle qui m’est personnellement adressée. Les paroles de l’Ecriture indiquent la gravité absolue de la décision ; une gravité absolument vitale. Je peux par moi-même, être celui qui m’enferme dans la solitude absolue, mortelle, définitive du refus de Dieu. Le cardinal Ratzinger écrit à ce propos : « Le Christ ne voue personne à la perdition, il est exclusivement salut. Il ne décrète pas la damnation, elle est là où l’homme demeure loin de lui, elle vient de ce qu’il persiste dans l’égoïsme. La parole du Christ comme offre de salut montrera alors sans équivoque que l’homme perdu a tracé lui-même les frontières qui le séparent du salut. »
Quant à la nature des tourments, Origène adopte l’interprétation d’un feu spirituel, les tourments de la conscience de l’âme pécheresse qui se sait définitivement exclue de l’ordre divin : « “Allez dans le rougeoiement de votre feu, au milieu des brandons que vous-mêmes attisez” (Is 50, 11). Ces paroles semblent signifier que chaque pécheur allume lui-même les flammes de son propre feu et qu’il n’est nullement plongé dans un feu allumé par un autre et existant avant lui. L’aliment et la matière de ce feu, ce sont nos péchés, que l’apôtre Paul traite de “bois, foin et paille” (1 Co 3, 12) ».
Cette interprétation spirituelle du feu sera reprise par Saint Ambroise : « Qu’est-ce que les ténèbres extérieures ? Y a-t-il là une prison, des cavernes où sera enchaîné le coupable ? Non, ceux qui persistent à vivre hors de la promesse et de l’ordre divins sont dans les ténèbres extérieures. Il n’y a donc pas, en réalité, de grincements de dents ni de feu alimenté éternellement par des flammes matérielles, il n’y a pas de ver physique. »
Bien des auteurs de la littérature auront la même intuition ; citons Bernanos, qui fait dire au curé de campagne : « L’enfer, chère Madame, c’est de ne plus aimer ».
Plus loin, Luise Rinser déclare : « J’ai une certaine idée de l’enfer. On y est assis, totalement abandonné de Dieu et l’on sent qu’on ne peut plus aimer, jamais plus, et que plus jamais on ne rencontrera un être humain, jusque dans l’éternité. »
C.S. Lewis ajoute : « Toute fermeture de la créature sur le cachot de son propre cœur finit par devenir l’enfer. »
Rappelons aussi la parabole de l’oignon, proposée par Dostoïevski dans Les frères Karamazov : une vieille mégère est retirée du lac de feu par un ange, elle se tient à l’oignon qu’elle avait autrefois donné à une mendiante – la seule bonne action de sa vie ; les autres pécheurs, voyant la scène, s’agrippèrent à elle, voulant profiter de l’aubaine. « Mais la femme, qui était fort méchante, leur donnait des coups de pieds : “C’est moi qu’on tire et non pas vous ; c’est mon oignon, non le vôtre”. A ces mots, l’oignon se rompit. La femme retomba dans le lac, où elle brûle encore. »
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Elisabeth
l'enfer
Cher père
je vous remercie beaucoup de votre réponse. En fait, si je comprends bien rien ne permet d'affirmer que l'enfer soit un lieu. Pourtant l'Evangile dit "Il y aura des pleurs et des grincements de dents...".
Si l'enfer n'est pas un lieu, alors il serait illogique de penser que le Ciel en soit un.
Qu'en dit l'Eglise ?
Merci beaucoup
je vous remercie beaucoup de votre réponse. En fait, si je comprends bien rien ne permet d'affirmer que l'enfer soit un lieu. Pourtant l'Evangile dit "Il y aura des pleurs et des grincements de dents...".
Si l'enfer n'est pas un lieu, alors il serait illogique de penser que le Ciel en soit un.
Qu'en dit l'Eglise ?
Merci beaucoup
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jean-bernard
à propos des enfers (suite)
Mon Père,
Elle est très passionnante votre leçon de théologie sur les enfers. Ce que vous dites est nouveau pour moi et bien différent du christianisme de mon enfance qui a définitivement disparu.
J'ai appris dans mon catéchisme l'existence d'un enfer bien réel. Les tympans de nos cathédrales nous montrent Dieu confiant les âmes des méchants aux démons et celles des honnêtes gens aux anges.
Je veux bien croire que les démons aux pieds fourchus n'existent plus, que les enfers ont disparu sous la forme grimaçante que les chrétiens des cathédrales les représentaient. J’imagine que les âmes des damnés ne sont plus plongés dans des chaudrons en ébullition. Désormais si j'ai bien compris ce que vous dites, l'enfer c'est seulement “ne pas aimer et, en réponse à notre refus volontaire de l’amour, ne pas être aimé de Dieu”.
J'ai beaucoup de mal à assimiler ce nouveau catholicisme sans images qui me semble donner une énorme importance à chaque individu au détriment du corps collectif de Jésus Ressuscité. J'ai appris que toutes et tous nous faisions partie du corps indivisible du Christ qui ascensionnait lentement vers le ciel, tiré par les meilleurs d'entre nous malgré le poids des mauvais. Le salut n'était pas un événement individuel mais collectif, celui de tout le peuple de la création sans oublier personne.
Il y avait une solidarité effective dans le péché d'Adam et Eve et une solidarité dans le salut qui me semble avoir disparu. Je trouve, quant à moi, que cette idée d'un peuple entier s'élevant dans les cieux à la force de sa foi et luttant contre les forces adverses du mal, ça avait beaucoup plus de "gueule" que le nouveau ciel "à la carte" ( comme au restaurant ), que nous propose maintenant l'Eglise. Toutes ces variations dans la foi sont bien troublantes et posent problème quand, comme moi, on vieillit beaucoup.
Elle est très passionnante votre leçon de théologie sur les enfers. Ce que vous dites est nouveau pour moi et bien différent du christianisme de mon enfance qui a définitivement disparu.
J'ai appris dans mon catéchisme l'existence d'un enfer bien réel. Les tympans de nos cathédrales nous montrent Dieu confiant les âmes des méchants aux démons et celles des honnêtes gens aux anges.
Je veux bien croire que les démons aux pieds fourchus n'existent plus, que les enfers ont disparu sous la forme grimaçante que les chrétiens des cathédrales les représentaient. J’imagine que les âmes des damnés ne sont plus plongés dans des chaudrons en ébullition. Désormais si j'ai bien compris ce que vous dites, l'enfer c'est seulement “ne pas aimer et, en réponse à notre refus volontaire de l’amour, ne pas être aimé de Dieu”.
J'ai beaucoup de mal à assimiler ce nouveau catholicisme sans images qui me semble donner une énorme importance à chaque individu au détriment du corps collectif de Jésus Ressuscité. J'ai appris que toutes et tous nous faisions partie du corps indivisible du Christ qui ascensionnait lentement vers le ciel, tiré par les meilleurs d'entre nous malgré le poids des mauvais. Le salut n'était pas un événement individuel mais collectif, celui de tout le peuple de la création sans oublier personne.
Il y avait une solidarité effective dans le péché d'Adam et Eve et une solidarité dans le salut qui me semble avoir disparu. Je trouve, quant à moi, que cette idée d'un peuple entier s'élevant dans les cieux à la force de sa foi et luttant contre les forces adverses du mal, ça avait beaucoup plus de "gueule" que le nouveau ciel "à la carte" ( comme au restaurant ), que nous propose maintenant l'Eglise. Toutes ces variations dans la foi sont bien troublantes et posent problème quand, comme moi, on vieillit beaucoup.
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
J’aimerais comprendre en quoi ce que j’ai écrit est « nouveau », alors que je me réfère à Origène, implicitement à Augustin, le cardinal Ratzinger et le cardinal Balthasar… Je veux croire que la nouveauté concerne la représentation imaginative de l’enfer, pas sur son contenu théologique. Ma présentation est tout à fait classique à ce niveau, rassurez-vous.
L’enfer, je le répète, est une réalité à la quelle nous sommes tenus de croire. Mais l’Eglise ne s’est jamais prononcée sur la nature de son « feu », et pour cause : il s’agit d’un langage forcément symbolique puisque nous n’aurons plus notre corps physique dans l’au-delà. Les démons existent hélas toujours, et vous êtes libre de vous les représenter comme vous le voulez, puisqu’ils ont probablement la faculté de se présenter à nous sous bien des formes, y compris avec des pieds fourchus. (N’oubliez pas que ce sont des Anges déchus, c'est-à-dire de purs esprits, qui ne sont pas liés comme nous à une apparence corporelle bien déterminée).
Ce que j’ai essayé de dire, dans la plus grande fidélité à la Tradition des Pères de l’Eglise – que je ne cite pas pour ne pas allonger inutilement – c’est que le feu dont brûle les damnés est le feu de la haine de Dieu, c'est-à-dire du refus de son amour. C’est ce refus même qui constitue la peine du dam, de la séparation de Dieu. A cette peine privative, il est vrai qu’il faut ajouter la « peine des sens » qui concerne le domaine dans lequel nous avons péché en particulier. Mais il est impossible de nous représenter avec précision en quoi cette peine consistera étant donné je le répète, que nous serons privés de notre dimension somatique.
Je pense sincèrement que lorsque vous parlez d’un ciel « à la carte », vous projetez sur mes propos des craintes sans doute légitimes, mais qui ne découlent pas de ce que j’ai écrit - et qui ne correspondent pas non plus d’ailleurs à ce que proposerait l’Eglise d’aujourd’hui, en contradiction à ce qu’elle aurait annoncé par le passé. Le ciel est – et ne peut pas être autre chose – que la pleine participation à la vie divine, dans le Christ, par l’action de l’Esprit Saint. C’est cette pleine « connaissance » existentielle de Dieu que l’Eglise appelle depuis toujours la « vision béatifique ».
Par contre vous avez tout à fait raison de souligner, dans la stricte logique de la lettre au Romains, qu’il y a aussi une dimension organique du salut. Il faut articuler les deux : - la responsabilité personnelle de mon salut personnel – car je suis sauvé en raison de ma foi personnelle, et éventuellement réprouvé en raison de mon refus personnel du salut qui m’est offert personnellement par Jésus-Christ au sein de son Eglise.
- la dimension communautaire (ou organique) de l’humanité, qui est appelée à former le Corps total du Christ. Cette dimension communautaire m’invite à me sentir co-responsable du salut de tous les hommes, et donc à les présenter dans ma prière à la miséricorde de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés ».
L’enfer, je le répète, est une réalité à la quelle nous sommes tenus de croire. Mais l’Eglise ne s’est jamais prononcée sur la nature de son « feu », et pour cause : il s’agit d’un langage forcément symbolique puisque nous n’aurons plus notre corps physique dans l’au-delà. Les démons existent hélas toujours, et vous êtes libre de vous les représenter comme vous le voulez, puisqu’ils ont probablement la faculté de se présenter à nous sous bien des formes, y compris avec des pieds fourchus. (N’oubliez pas que ce sont des Anges déchus, c'est-à-dire de purs esprits, qui ne sont pas liés comme nous à une apparence corporelle bien déterminée).
Ce que j’ai essayé de dire, dans la plus grande fidélité à la Tradition des Pères de l’Eglise – que je ne cite pas pour ne pas allonger inutilement – c’est que le feu dont brûle les damnés est le feu de la haine de Dieu, c'est-à-dire du refus de son amour. C’est ce refus même qui constitue la peine du dam, de la séparation de Dieu. A cette peine privative, il est vrai qu’il faut ajouter la « peine des sens » qui concerne le domaine dans lequel nous avons péché en particulier. Mais il est impossible de nous représenter avec précision en quoi cette peine consistera étant donné je le répète, que nous serons privés de notre dimension somatique.
Je pense sincèrement que lorsque vous parlez d’un ciel « à la carte », vous projetez sur mes propos des craintes sans doute légitimes, mais qui ne découlent pas de ce que j’ai écrit - et qui ne correspondent pas non plus d’ailleurs à ce que proposerait l’Eglise d’aujourd’hui, en contradiction à ce qu’elle aurait annoncé par le passé. Le ciel est – et ne peut pas être autre chose – que la pleine participation à la vie divine, dans le Christ, par l’action de l’Esprit Saint. C’est cette pleine « connaissance » existentielle de Dieu que l’Eglise appelle depuis toujours la « vision béatifique ».
Par contre vous avez tout à fait raison de souligner, dans la stricte logique de la lettre au Romains, qu’il y a aussi une dimension organique du salut. Il faut articuler les deux : - la responsabilité personnelle de mon salut personnel – car je suis sauvé en raison de ma foi personnelle, et éventuellement réprouvé en raison de mon refus personnel du salut qui m’est offert personnellement par Jésus-Christ au sein de son Eglise.
- la dimension communautaire (ou organique) de l’humanité, qui est appelée à former le Corps total du Christ. Cette dimension communautaire m’invite à me sentir co-responsable du salut de tous les hommes, et donc à les présenter dans ma prière à la miséricorde de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés ».
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Re: l'enfer
En fait c’est la dimension spatiale qui pose problème. Si l’enfer ou le ciel sont des « lieux », nous serons obligés de les localiser. C'est-à-dire de les situer dans l’espace. Où le ciel serait-il ? En haut bien sûr me répondrez-vous en me montrant le firmament. Vous répondez spontanément comme je le ferais moi-même, en mettant en œuvre ce qu’on appelle un archétype, une compréhension spontanée commune à tous les hommes : l’accomplissement ne peut se réaliser qu’en haut, du côté du ciel, du soleil, de la lumière. Mais n’oublions pas que vu sa situation géographique, le chinois désignera la direction diamétralement opposée à ce que vous avez indiqué ! Le ciel ne serait donc pas au même « endroit » pour lui que pour vous. Tout cela pour dire que le haut et le bas sont relatifs, et désignent ici une orientation symbolique : le ciel est un lieu plus élevé spirituellement que ne l’est cette terre ; un lieu plus lumineux aussi, plus pur, etc.Elisabeth a écrit :Cher père
je vous remercie beaucoup de votre réponse. En fait, si je comprends bien rien ne permet d'affirmer que l'enfer soit un lieu. Pourtant l'Evangile dit "Il y aura des pleurs et des grincements de dents...".
Si l'enfer n'est pas un lieu, alors il serait illogique de penser que le Ciel en soit un.
Qu'en dit l'Eglise ?
Merci beaucoup
Mais alors où est ce lieu ? Dans un espace à l’abri des regards indiscrets des cosmonautes ? Dans une autre galaxie ? Nous sentons bien la fragilité de ces réponses, car tous ces lieux sont encore intra-mondains, et il n’y a aucune raison qu’ils satisfassent à notre exigence d’élévation spirituelle.
Ce « lieu » ne peut pas appartenir à notre monde, je crois que nous serons bien d’accord là-dessus. Mais s’il n’appartient pas à notre monde, nous ne pouvons pas le décrire, car nous ne pouvons en parler que dans notre langage intra-mondain, qui sera toujours insuffisant et inadapté. En particulier nous allons le décrire dans nos catégories spatio-temporelles, qui sont pertinentes pour notre monde, mais précisément pas pour l’autre. Voilà pourquoi il est difficile de parler du ciel. Le ciel est une réalité bien plus réelle que notre terre et que tout l’univers créé, mais nous ne pouvons en parler que dans un langage symbolique ; ce qui n’est pas grave, à condition d’en être conscients et de ne pas prétendre que notre discours en donne une description réaliste.
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LDMJ
Doute et angoisse
Père, je dois vous avouer que bien souvent j'ai peur, j'ai de réelles angoisses existentielles, car ce message personnel que Jésus m'adresse par la voix de l'Eglise sur les fins dernières je l'intègre vraiment. Je suis devenu croyant il y a une douzaine d'années (j'ai 35 ans), pendant plusieurs années j'étais très pratiquant, je me sentais sauvé. Cependant au fond de moi il y avait un doute sur ma vocation, une prophétie reçue dans un groupe charismatique m'ayant dit que Dieu avait un appel pour moi. J'ai interprêté ce message comme un appel à une vie religieuse qui à priori ne me disait rien, j'avais plutôt envie de me marier. Mes tentatives en ce domaine ont été des échecs ou des refus. J'ai rencontré quelqu'un qui n'est pas pratiquante et qui n'est pas convertie, nous vivons maritalement, j'aimerais l'épouser. Bien souvent mes angoisses reviennent : je ne fais pas la volonté de Dieu, j'ai refusé ma vocation, j'ai fait ma volonté et pas la sienne,je ne vis pas les commandements, je ne pratique plus, je n'ai pas osé montré ma foi, j'ai l'impression d'être perdu (je ne communie plus car je sais que je n'en suis pas digne et je ne veux pas offenser plus encore le Seigneur). Père, comment discerner, ai-je résisté ? Suis-je un égoïste tourné vers lui-même, vers la satisfaction de ses désirs ? Puis-je encore prier ? Je n'ai pas envie d'aller en enfer, je ne veux pas y aller. J'ai tellement envie que ma vie ait un sens, je ne veux pas la perdre, au sens chrétien du terme. Père, aidez-moi, conseillez-moi. Je voudrais préciser que ces dernières années j'ai souffert de la solititude affective et que je suis heureux d'avoir une compagne de vie. Cette précision est importante mais je sais que ce ne sont pas mes désirs qui comptent ni ma volonté.
Merci de me répondre
Je redoute beaucoup les paroles dites « de la part de Dieu » et parfois données à la légère dans des groupes de prière ! Je ne suis pas sûr que les personnes mesurent toujours bien que c’est une grande responsabilité que de se prononcer « au nom de Dieu ». Je vous dis franchement que lorsque la parole transmise donne une orientation qui court-circuite la liberté du destinataire, j’affirme qu’elle ne vient pas de Dieu, car cette manière de procéder n’entre pas dans ses mœurs : il nous respecte trop pour agir ainsi.
Dans votre cas, une parole disant que « Dieu a un appel sur vous » ne devrait pas porter à conséquence, car le Seigneur a un appel sur tous ses enfants ! Mais bien sûr il est difficile de ne pas l’entendre au sens fort d’une vocation sacerdotale ou religieuse. Croyez-vous vraiment que Dieu vous imposerait ainsi sa volonté ? Il est assez puissant pour vous montrer ses chemins sans passer par une prise de parole intempestive comme celle que vous avez subie. Il vous respecte trop pour vous signifier ainsi par personne interposée ses projets sur vous. C’est en dialogue avec vous qu’il compte vous aider à construire votre avenir, en tenant compte de vos propres désirs – qu’il a d’ailleurs mis lui-même dans votre cœur ! – et de tout ce qu’il vous a donné en vue de ce chemin qui est le vôtre.
Je vous suggère donc de prendre autorité sur cette injonction, qui pour moi est nulle et non advenue. Le trouble ne vient jamais de Dieu : encore une fois, il est assez puissant pour vous parler dans la paix du cœur ; il n’a pas besoin d’user de pression ou de violence.
Vous avez raison de ne pas communier tant que votre situation matrimoniale n’est pas assainie, mais si vous aimez cette jeune fille et qu’elle peut et désire vous épouser, pourquoi ne pas envisager sérieusement un cheminement de discernement en vue d’un éventuel mariage ?
Cela pourrait être l’occasion pour vous deux de reprendre ensemble la question de la foi et de vous interroger sur sa place dans votre vie ?
Notre Dieu est le Dieu de la vie : tournez les yeux vers l’avenir qu’il ouvre devant vous, et oubliez une fois pour toutes ces injonctions du passé pour être pleinement disponible à ce qu’il a à vous dire aujourd’hui, à travers les rencontres et événements de votre vie à vous.
P. Joseph-Marie
Merci de me répondre
Je redoute beaucoup les paroles dites « de la part de Dieu » et parfois données à la légère dans des groupes de prière ! Je ne suis pas sûr que les personnes mesurent toujours bien que c’est une grande responsabilité que de se prononcer « au nom de Dieu ». Je vous dis franchement que lorsque la parole transmise donne une orientation qui court-circuite la liberté du destinataire, j’affirme qu’elle ne vient pas de Dieu, car cette manière de procéder n’entre pas dans ses mœurs : il nous respecte trop pour agir ainsi.
Dans votre cas, une parole disant que « Dieu a un appel sur vous » ne devrait pas porter à conséquence, car le Seigneur a un appel sur tous ses enfants ! Mais bien sûr il est difficile de ne pas l’entendre au sens fort d’une vocation sacerdotale ou religieuse. Croyez-vous vraiment que Dieu vous imposerait ainsi sa volonté ? Il est assez puissant pour vous montrer ses chemins sans passer par une prise de parole intempestive comme celle que vous avez subie. Il vous respecte trop pour vous signifier ainsi par personne interposée ses projets sur vous. C’est en dialogue avec vous qu’il compte vous aider à construire votre avenir, en tenant compte de vos propres désirs – qu’il a d’ailleurs mis lui-même dans votre cœur ! – et de tout ce qu’il vous a donné en vue de ce chemin qui est le vôtre.
Je vous suggère donc de prendre autorité sur cette injonction, qui pour moi est nulle et non advenue. Le trouble ne vient jamais de Dieu : encore une fois, il est assez puissant pour vous parler dans la paix du cœur ; il n’a pas besoin d’user de pression ou de violence.
Vous avez raison de ne pas communier tant que votre situation matrimoniale n’est pas assainie, mais si vous aimez cette jeune fille et qu’elle peut et désire vous épouser, pourquoi ne pas envisager sérieusement un cheminement de discernement en vue d’un éventuel mariage ?
Cela pourrait être l’occasion pour vous deux de reprendre ensemble la question de la foi et de vous interroger sur sa place dans votre vie ?
Notre Dieu est le Dieu de la vie : tournez les yeux vers l’avenir qu’il ouvre devant vous, et oubliez une fois pour toutes ces injonctions du passé pour être pleinement disponible à ce qu’il a à vous dire aujourd’hui, à travers les rencontres et événements de votre vie à vous.
P. Joseph-Marie