Acte d'offrande

Verrouillé
Nathalie

Acte d'offrande

Message par Nathalie »

Pour un baptisé, que suppose l'acte de "s'offrir en victime expiatoire pour le salut du monde" ? Poussés par l'Esprit, habités par Jésus, beaucoup de saints ont formulé ce désir. Mais qu'implique-t-il concrètement ? La personne soumet-elle son acte d'offrande à un prêtre, s'engageant par là solennellement devant le Christ ? Il me semble que ce don demande une telle oblation, un tel renoncement qu'il n'y a que Jésus qui puisse l'inspirer et l'imprimer en l'homme... En effet, qui irait de lui-même tendre les bras à la souffrance sans se sentir porté par un désir le dépassant complètement ? Un tel acte d'abandon m'apparaît vertigineux et comme réservé à des âmes choisies. Cependant, est-il à la portée de simple fidèle, aucunement favorisés de visions, locutions ou appels spécifiques du Seigneur ?

P.Joseph-Marie

Re: Acte d'offrande

Message par P.Joseph-Marie »

Personnellement je serais déjà très heureux de pouvoir porter mes croix quotidiennes sans murmurer ! Je laisse aux âmes privilégiées les grandes offrandes expiatoires.
Je crois qu’il est bon dans ce domaine d’éviter toute présomption et de s’ouvrir de ce genre de projet à son accompagnateur spirituel.
Ceci dit, le Seigneur connaît mieux que nous nos motivations profondes, et un acte de consécration n’est pas un acte magique : Dieu ne nous demande que ce qu’il nous donne la force d’accomplir. Il fait semblant de ne pas entendre les élans qui ne viennent pas de l’Esprit Saint. S’il nous prenait au mot sur certaines de nos générosités un peu trop spontanées et enthousiastes, nous serions bien embêtés !

Nathalie

Re: Acte d'offrande

Message par Nathalie »

Merci Père, vous confirmez mes interrogations, et sans doute, par ce don d'eux-même poussé à l'extrême, les saints nous révèlent de manière visible et dilatée tout ce qu'implique notre désir d'union au Christ.
Plein de compassion pour nos frayeurs, Jésus s'arrête là où nous ne pouvons encore le suivre. Et pour certains d'entre nous (je m'inclus en priorité) la peur de souffrir freine considérablement notre capacité d'abandon.

Je m'étonne toujours de mon manque de foi. Quand ma journée s'écoule dans l'épuisement à cause d'une insomnie, j'ai beau savoir que la sainte volonté du Seigneur sur moi consiste en l'acceptation confiante de mon état, je ne peux m'empêcher de maugréer en lui disant : "Ah ! Si j'étais en forme Jésus, je pourrais mieux te servir !". Pourquoi sommes-nous tant enclins à nous réjouir dans de belles actions plutôt que dans le consentement humble d'un état de fatigue ? Comment se décider à croire que ces privations de force sont porteuses d'une grâce dont nous n'avons pas idée ? En bref, et pour ne poser qu'une question : quel passage de l'Evangile peut-on méditer dans ces moments si creux ?

P.Joseph-Marie

Re: Acte d'offrande

Message par P.Joseph-Marie »

II Co 4,17 - Nos détresses d'un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu'elles nous préparent.

Mt 10,38 - Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi.

Mt 6,31 - Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu'allons-nous manger ? qu'allons-nous boire ? de quoi allons-nous nous vêtir ? (comment allons-nous faire pour travailler alors que nous sommes si fatigués?)
32 - Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela.
33 - Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.
34 - Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Lc 22,28 - " Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ;
29 - et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi :
30 - vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël.

Col 1,24 - En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Église.

Jc 1,2 - Tenez pour une joie suprême, mes frères, d'être en butte à toutes sortes d'épreuves.
3 - Vous le savez : bien éprouvée, votre foi produit la constance ;
4 - mais que la constance s'accompagne d'une œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits, irréprochables, ne laissant rien à désirer.

1P1,6 - Vous en tressaillez de joie, bien qu'il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves,
7 - afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l'or périssable que l'on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d'honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ.

Verrouillé