Angoisse

Verrouillé
Paul Laurent

Angoisse

Message par Paul Laurent »

Sans remettre en cause le messge de La Salette je ne comprends pas pourquoi Dieu chercherait à punir par des châtiments. Je croyais que Jésus avait pris su Lui tous les péchés de l'humanité. J'ai parfois l'impression que le Dieu vengeur de l'Ancien Testament refait surface, j'ai du mal à le mettre en relation avec le Dieu d'amour inconditionnel du Noveau Testament. Cette question qui touche à l'eschatologie me préoccupe beaucoup, j'ai l'impression que des châtiments importants sont imminents : un prêtre m'a dit qu'il a béni beaucoup de cierges car certains s'attendent à trois jours d'obscurité à l'issue desquels la grande majorité de la population mondiale périrait, pour ne laisser que les élus, les purs en quelque sorte. J'essaie de me raisonner mais j'avoue ne pas être en paix : je suis trop conscient de mes péchés.

Paul Laurent

P. Joseph-Marie
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Enregistré le : 5 sept. 2003

Message par P. Joseph-Marie »

Je comprends votre désarroi. Le Dieu que nous révèle Jésus-Christ est amour, soyez en bien sûr ; c’est même la seule définition qu’en donne le nouveau testament, sous la plume de Saint Jean (1 Jn 4, 8). Et même déjà dans l’Ancien Testament la « carte de visite » du Dieu d’Israël allait dans le même sens. Jugez par vous-même : « Adonaï, Adonaï, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » (Ex 34, 6). Cet amour divin s’exprime dans les Ecritures sous deux aspects complémentaires et inséparables : « hesed we emet ». Le premier (hesed) de ces termes désigne le pôle « maternel » de l’amour divin : amour de miséricorde, toujours disponible, amour de tendresse compatissante. Le second terme (emet) fait référence à la polarité masculine, « paternelle » de Dieu : il s’agit de l’amour de fidélité du Dieu de l’Alliance, qui s’engage pour la défense des siens ; mais qui en retour exige que son peuple demeure lui aussi fidèle à l’Alliance. Parce qu’il est miséricorde inconditionnelle, Dieu peut aussi être exigeant ; son exigence est toujours modérée par sa miséricorde, mais sa miséricorde n’est pas faiblesse, laisser aller, démission, ou sénilité comme le suggérait méchamment Nietzsche.
Selon le cours de l’histoire, Dieu insiste davantage sur l’un ou l’autre aspect de son amour. En cas de détresse, il souligne la miséricorde, la compassion ; mais en cas de laisser aller de son peuple, en cas de compromis avec le monde, il « rugit » et fait entendre l’exigence de fidélité, dans l’espoir de nous amener à la conversion salutaire, c'est-à-dire à la miséricorde. Je crois qu’il n’est guère besoin d’insister beaucoup : nous sommes depuis quelques années déjà dans une crise grandissante de laxisme, de compromission avec le monde. Aussi les appels du ciel insistent-ils sur la conversion, sur la nécessité de la repentance, car nos péchés attirent sur nous non pas le courroux de Dieu, mais des conséquences dramatiques qu’il ne pourra écarter que si nous nous convertissons. N’oublions pas que nos péchés donnent de plus en plus de pouvoir au Démon, qui ne cherche qu’à nous nuire. Bien sûr il est vaincu par le Christ, encore faut-il que nous invoquions la victoire de Jésus pour être sauvés.
Dire que les temps sont mauvais, ne veut pas nourrir une fièvre apocalyptique. Il y en a eu à toutes les époques et il y en aura toujours : ne tombons pas dans ce piège. La solution est donnée par l’Evangile lui-même : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Et surtout, gardons confiance : Dieu est plus grand que notre péché ; « si notre cœur venait à nous condamner, nous dit encore Saint Jean, car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout » (1Jn 3, 20).

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