Evangile du jour

Verrouillé
Régis

Evangile du jour

Message par Régis »

Bonjour,
Une petite réaction à propos du texte d’évangile de ce jour (merc.19/11), qui met en scène, dans une parabole, un futur roi exigeant et cruel, qui de plus, fait allusion à un despote bien réel, Archelaüs… Je ne peux pas comprendre que ceci étant su et signalé, on passe sans autre attention à l’interprétation qui rapprocherait ce tyran à Dieu. Dieu qui demanderait à l’homme de rendre compte de ce qui lui a été remis, sanctions à l’appui… à l’image d’Archelaüs, qui revenant de Rome se venge..
Je préfèrerais l’image du Père, à la manière de St François, qui fait référence à ce Père que nous aimerions avoir, et non à ce Roi, si ‘juste’ soit-il…
Pour quelle raison, Jésus, utilise t-il, dans de nombreuses paraboles, des propriétaires, des gérants, des rois, sans scrupule et sans compassion… ?
Régis.

P. Joseph-Marie
Messages : 1327
Enregistré le : 5 sept. 2003

Message par P. Joseph-Marie »

Merci de poser la question que beaucoup portent dans leur cœur mais n’osent pas formuler ! Il s’agit à nouveau de connaître le genre littéraire de la parabole – qui n’est pas habituel pour nous, mais qui l’était pour les interlocuteurs de Jésus. Nous risquons toujours de faire des contre-sens si nous cherchons à interpréter littéralement, phrase après phrase, une parabole, en la prenant au pied de la lettre. La parabole doit être lue dans son ensemble ; puis nous devons la laisser nous porter au-delà de ce qu’elle dit, vers ce qu’elle suggère – ce qui est précisément l’étymologie de « para-bolein ». Il nous faut donc lâcher l’horizon historique précis et bien circonstancié qui constitue le cadre général de la parabole, afin de la laisser nous parler de ce qu’elle entend dire, à savoir… notre identité profonde !
Vous aurez remarqué la bonté de ce Maître qui ne redemande pas son bien, mais se contente de s’informer sur le fruit qu’il a rapporté à ses serviteurs. Mais s’agit-il vraiment de serviteurs s’ils disposent ainsi du patrimoine ? Ne s’agit-il pas plutôt de fils qui ignoraient leur statut ?
La fine pointe de la parabole apparaît alors toute autre : à travers une référence à des rois cruels – qui correspondent bien à l’image de Dieu que nous nous formons spontanément – Jésus cherche à nous faire prendre conscience que nous sommes des fils qui s’ignorent, et que le chemin pour le découvrir, est l’engagement généreux à son service dans l’attente de son retour.

Régis

Message par Régis »

Merci pour votre réponse, qui m’éclaire…
Pour reformuler…, je dirais que Jésus, dans les paraboles, part de là où en sont - ses interlocuteurs. Un contexte lié à l’actualité et surtout de l’idée qu’ils se font de Dieu ( serviteurs…)… pour effectivement les amener à une autre conception, plus ‘évangélique’ ( fils… ) ; celle que nous pouvons, nous, en percevoir aujourd’hui ( est-elle la dernière ?) Car, enfin… Cette ‘humilité’ de Dieu, ce Dieu qui ‘prie’ l’homme’ de le rejoindre n’est elle pas plutôt contemporaine… ?
Mais, une autre question, dans l’idée de ce fil, me ‘titille’ depuis quelque temps… Le ‘Dieu’ de l’ancien testament ( ou du 1er testament) ne se superpose pas vraiment au Dieu évangélique… Cela signifie t-il que la ‘Révélation’ dans l’Ancien Testament n’est pas totale ?
Merci, vraiment, de vos réponses..
Régis.

P. Joseph-Marie
Messages : 1327
Enregistré le : 5 sept. 2003

Message par P. Joseph-Marie »

Jésus dit bien qu’il n’est pas venu abolir mais accomplir. Ce qui suppose que tout n’était pas pleinement révélé. La Révélation est une longue pédagogie divine qu’il entreprend avec des hommes à la nuque raide ; dans ce que nous appelons l’« Ancien » Testament (qui deviendra « ancien » précisément parce qu’il y en a un « Nouveau » !), Dieu s’adresse à son peuple par des hommes inspirés, dont nous pouvons dire qu’« ils préparent les voies du Seigneur » (cfr. Saint Jean-Baptiste). Mais à la plénitude des temps, c’est le Verbe de Dieu lui-même qui s’adresse à nous :
« Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles » (He 1, 1-2).
Il y a là un saut qualitatif que nous ne saurions minimiser.

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