discernement des vocations sacerdotales et religieuses
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Raymond MARTINET
discernement des vocations sacerdotales et religieuses
Bonjour, ma question porte sur l'Eglise et je voudrais savoir comment on y discerne les vocations sacerdotales et religieuses. J'ai eu des échos plutôt négatifs à ce sujet, et j'en connais d'aucuns qui ont eu des problèmes avec leur supérieur de séminaire qui leur avait collé des étiquettes du genre "inemployable" ou encore "pas bon pour le servive ecclésial" après plusieurs années de séminaire et même un tel qui a dû arrêter le monastère parce qu'on s'était aperçu aprèe plus de dix années qu'en fait on s'était trompé car il n'avait pas la vocation à être moine après mûre réflexion de son maître à penser! Est-ce qu'il est conforme à l'esprit saint de devoir attendre plusieurs années de séminaire ou de monastère pour qu'on discerne que tel(le) ou tel(le) n'est pas "appelé(e)" au ministère sacerdotal ou religieux ? Je connais même quelqu'un à qui l'Evèque a claironné après plusieurs années de séminaire :"Vous n'avez même pas le minimum. Vous devriez faire tout autre chose" !!! Pensez-vous cher padre que cette attitude de l'Eglise est une attitude "responsable" ? Et est-ce qu'on ne privilégie pas d'abord le psychologique et l'environnement familial par rapport au proprement spirituel si toutefois on peut bien sûr distinguer ces deux principes fondamentaux parce que ça dépend aussi des individus en présence j'en suis conscient quand même?.
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
La question est extrêmement difficile. Je crois qu’il faut d’abord qu’il y ait de la part des supérieurs une réelle intention de discerner, et non pas de remplir à tout prix sa maison !
Mais même dans le cas d’une intention droite, tout individu est toujours en évolution. Et il arrive souvent qu’on pressente quelque difficulté chez un jeune, mais qu’on lui donne sa chance en espérant une évolution positive. J’ai connu ainsi des cas très douloureux ou année après année le conseil du séminaire donnait une chance supplémentaire à un séminariste, sans jamais parvenir à se prononcer sur sa vocation ; le jeune homme s’est finalement fait refuser l’admission au diaconat après cinq années de séminaire ! C’est bien sûr une erreur inadmissible, mais j’espère que vous voyez que ce qui était visé était le bien du candidat, qui désirait rester et à qui on continuait à « donner une chance » dans l’espoir d’une progression significative qui n’est pas venue.
Il me semble qu’en général les séminaires font un réel effort de discernement. Bien sûr les critères de discernement ne sont pas toujours les mêmes, et peuvent dans certains cas être contestables ; bien que je crois sincèrement que cette période est dépassée, et que les critères sont uniformisés. Bien sûr il peut toujours y avoir des bévues – n’oublions pas qu’il y a aussi des jeunes qui sont experts dans l’art de cacher leur jeu, ou plutôt de jouer un double jeu ! – mais en général je ne crois pas qu’on prenne ce ministère à la légère dans les séminaires.
J’ose espérer qu’il en est de même dans les communautés religieuses, mais ici la diversité est telle qu’il est encore plus difficile de se prononcer ! Je reconnais que je suis parfois effaré du peu de travail de discernement sérieux qui se fait dans certains noviciats ; mais il faut avoir les moyens de faire mieux ! Un évêque me disait qu’il faudrait que tous les candidats à la vie religieuse ou sacerdotale entreprennent une session de guérison intérieure ! Personnellement je le crois aussi, et j’ai d’ailleurs déjà été demandé dans plusieurs séminaires. Au mois de février j’irai même prêcher une retraite de guérison dans un grand séminaire de Pologne !
Mais même dans le cas d’une intention droite, tout individu est toujours en évolution. Et il arrive souvent qu’on pressente quelque difficulté chez un jeune, mais qu’on lui donne sa chance en espérant une évolution positive. J’ai connu ainsi des cas très douloureux ou année après année le conseil du séminaire donnait une chance supplémentaire à un séminariste, sans jamais parvenir à se prononcer sur sa vocation ; le jeune homme s’est finalement fait refuser l’admission au diaconat après cinq années de séminaire ! C’est bien sûr une erreur inadmissible, mais j’espère que vous voyez que ce qui était visé était le bien du candidat, qui désirait rester et à qui on continuait à « donner une chance » dans l’espoir d’une progression significative qui n’est pas venue.
Il me semble qu’en général les séminaires font un réel effort de discernement. Bien sûr les critères de discernement ne sont pas toujours les mêmes, et peuvent dans certains cas être contestables ; bien que je crois sincèrement que cette période est dépassée, et que les critères sont uniformisés. Bien sûr il peut toujours y avoir des bévues – n’oublions pas qu’il y a aussi des jeunes qui sont experts dans l’art de cacher leur jeu, ou plutôt de jouer un double jeu ! – mais en général je ne crois pas qu’on prenne ce ministère à la légère dans les séminaires.
J’ose espérer qu’il en est de même dans les communautés religieuses, mais ici la diversité est telle qu’il est encore plus difficile de se prononcer ! Je reconnais que je suis parfois effaré du peu de travail de discernement sérieux qui se fait dans certains noviciats ; mais il faut avoir les moyens de faire mieux ! Un évêque me disait qu’il faudrait que tous les candidats à la vie religieuse ou sacerdotale entreprennent une session de guérison intérieure ! Personnellement je le crois aussi, et j’ai d’ailleurs déjà été demandé dans plusieurs séminaires. Au mois de février j’irai même prêcher une retraite de guérison dans un grand séminaire de Pologne !
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Flajuben
- Messages : 16
- Enregistré le : 20 nov. 2004
Pourquoi ? Quel est le but et le "fonctionnement" de ces sessions ?Un évêque me disait qu’il faudrait que tous les candidats à la vie religieuse ou sacerdotale entreprennent une session de guérison intérieure ! Personnellement je le crois aussi,
Encore merci
Je suis sûr d’avoir déjà répondu à cette question, aussi je serai bref. Il s’agit de retraites au cours desquelles nous demandons au Seigneur de faire la lumière sur ce qui nous empêche de discerner sa volonté et de vivre dans la charité.
Bien sûr nous allons arriver bien vite au péché. Mais ce péché s’enracine en grande partie dans mes fragilités psych(olog)iques. Nous allons donc, avec l’aide de la grâce, et en nous aidant de l’apport des sciences humaines (principalement la psychologie), revisiter les relations constitutives de notre personnalité, afin d’y desceller les « nœuds » ou les « blessures », qui font obstacle à la croissance de la vie en nous.
En fait nous découvrons que nous avons par le passé fait des « choix de mort » en rompant certaines relations vitales. Nous allons donc prendre les moyens de « choisir à nouveau la vie » et de rétablir ces relations, afin que notre passé ne viennent plus nous influencer de manière inhibante ; que nous puissions pleinement répondre « me voici » à l’appel du Seigneur, et nous donner totalement au service de la charité, selon notre état de vie. J’ajoute que si vous le désirez approfondir cette question, vous trouverez un ouvrage sur ce thème dans la « Boutique ». Le second volume est sous presse.
Père Joseph-Marie+
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Invité
Je me demande pourquoi il faut tellement de temps pour voir qu'un apprentis curé s'est trompé de voie ? Il me semble quand même qu'après un an de propédeutique on doit pouvoir dire franchement à quelqu'un s'il faut qu'il continue ou pas ! Je crois qu'en fait on applique dans les séminaires comme dans les monastères les mêmes règles élémentaires de psychologie que dans la "société civile" pour recruter dans les entreprises par exemple. On ne fait rien d'autre que de classer les gens dans des catégories en leur collant des étiquettes sur leur front quand c'est pas dans leur dos.
Ceci dit on ne peut pas faire autrement et cela n'est pas péjoratif ce que je dis, mais qu'on ne vienne pas nous raconter que c'est l'Esprit Saint et lui seul qui sélectionne les candidats. Que peut-on faire d'autre que de "juger" les gens en analysant leur comportement au sein de la communauté, en appliquant des règles de psychologie, et ensuite on évalue comment ces comportements peuvent s'accorder avec l'idée qu'on se fait de ce que doit être un prêtre ou un moine. Alors là celui qui ne sait pas diriger des colonies de vacances, qui n'est pas de bonne famille, qui parle comme une vache qui pisse et qui chante comme un poisson-chat y'a pas de lézards c'est pas la peine qu'il continue : il ne sera jamais ordonné prêtre !
Selon moi il n'y a guère de différences entre le spirituel et le psychologique, comme il n'y en a pas non plus entre la philosophie et la théologie.
Quand à vos sessions de "guérison intérieure" comme vous dites je n'en vois pas l'intérêt dans la mesure où pendant l'année de propédeutique on y pratique couramment les exercices de saint ignace qui ont je crois le même effet et que souvent les candidats ont passé la trentaine quand ce n'est pas la quarantaine maintenant!
Voilà mon analyse, merci encore pour votre réponse.
Ceci dit on ne peut pas faire autrement et cela n'est pas péjoratif ce que je dis, mais qu'on ne vienne pas nous raconter que c'est l'Esprit Saint et lui seul qui sélectionne les candidats. Que peut-on faire d'autre que de "juger" les gens en analysant leur comportement au sein de la communauté, en appliquant des règles de psychologie, et ensuite on évalue comment ces comportements peuvent s'accorder avec l'idée qu'on se fait de ce que doit être un prêtre ou un moine. Alors là celui qui ne sait pas diriger des colonies de vacances, qui n'est pas de bonne famille, qui parle comme une vache qui pisse et qui chante comme un poisson-chat y'a pas de lézards c'est pas la peine qu'il continue : il ne sera jamais ordonné prêtre !
Selon moi il n'y a guère de différences entre le spirituel et le psychologique, comme il n'y en a pas non plus entre la philosophie et la théologie.
Quand à vos sessions de "guérison intérieure" comme vous dites je n'en vois pas l'intérêt dans la mesure où pendant l'année de propédeutique on y pratique couramment les exercices de saint ignace qui ont je crois le même effet et que souvent les candidats ont passé la trentaine quand ce n'est pas la quarantaine maintenant!
Voilà mon analyse, merci encore pour votre réponse.
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
On peut effectivement avoir des éléments de réponse après une année de propédeutique, et de fait, un certain nombre de candidats sont invités à renoncer après ce premier contact. Mais pour bon nombre de ceux qui sont admis en première année de premier cycle, le discernement continue.
Ne croyez vous pas que ce serait effectivement « enfermer les gens dans des catégories » que de les évaluer sur une seule année de propédeutique ? Donnez aux jeunes s’il vous plaît le temps de changer, d’évoluer, de grandir ! Sans doute à cinquante ans, on ne change plus beaucoup en une année ; mais à vingt ans, et dans un contexte de prière,d’étude et de vie communautaire, bien des transformations peuvent s’opérer ! Je crois que la vertu d’espérance doit se vivre dans les situations concrètes, et donc aussi dans un séminaire.
Certes le discernement fait appel à des outils d’analyse psychologique – comment en serait-il autrement : il s’agit bien d’un être humain ! – mais là ne s’arrête pas le travail d’évaluation. Il y a aussi et surtout à tenir compte de la disponibilité à la grâce dont fait preuve le candidat. Car celui qui se livre à l’action de l’Esprit peut avancer à pas de géants, là où un autre candidat, plus doué – ou moins « abîmé » par la vie – mais moins disponible à la grâce, peut stagner, voire régresser en quelques années.
Enfin pour répondre à votre dernier point, si la démarche de guérison intérieure avait le même effet qu’une retraite ignacienne « classique », je ne vois pas pourquoi nous l’appellerions « retraite de guérison intérieure » et non pas « retraite ignacienne…
Ne croyez vous pas que ce serait effectivement « enfermer les gens dans des catégories » que de les évaluer sur une seule année de propédeutique ? Donnez aux jeunes s’il vous plaît le temps de changer, d’évoluer, de grandir ! Sans doute à cinquante ans, on ne change plus beaucoup en une année ; mais à vingt ans, et dans un contexte de prière,d’étude et de vie communautaire, bien des transformations peuvent s’opérer ! Je crois que la vertu d’espérance doit se vivre dans les situations concrètes, et donc aussi dans un séminaire.
Certes le discernement fait appel à des outils d’analyse psychologique – comment en serait-il autrement : il s’agit bien d’un être humain ! – mais là ne s’arrête pas le travail d’évaluation. Il y a aussi et surtout à tenir compte de la disponibilité à la grâce dont fait preuve le candidat. Car celui qui se livre à l’action de l’Esprit peut avancer à pas de géants, là où un autre candidat, plus doué – ou moins « abîmé » par la vie – mais moins disponible à la grâce, peut stagner, voire régresser en quelques années.
Enfin pour répondre à votre dernier point, si la démarche de guérison intérieure avait le même effet qu’une retraite ignacienne « classique », je ne vois pas pourquoi nous l’appellerions « retraite de guérison intérieure » et non pas « retraite ignacienne…
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Flajuben
- Messages : 16
- Enregistré le : 20 nov. 2004
session guérison intérieure
Bonsoir père !
Pouvez-vous nous parler un peu plus en détails des sessions de guérison intérieure que votre communauté organise ? (notamment différences avec d'autres ctés, comme le Chemin Neuf, les Béatitudes, les agapèthérapies...).
Et où et qd elles ont lieu, ainsi que les démarches à faire pour s'y inscrire ?
D'avance merci,
en Jésus par Marie !
PS. je n'ai pas trouvé de réponses à ces questions en utilisant le moteur de recherche ! (mais je ne suis pas sure de savoir bien l'utiliser !)
Pouvez-vous nous parler un peu plus en détails des sessions de guérison intérieure que votre communauté organise ? (notamment différences avec d'autres ctés, comme le Chemin Neuf, les Béatitudes, les agapèthérapies...).
Et où et qd elles ont lieu, ainsi que les démarches à faire pour s'y inscrire ?
D'avance merci,
en Jésus par Marie !
PS. je n'ai pas trouvé de réponses à ces questions en utilisant le moteur de recherche ! (mais je ne suis pas sure de savoir bien l'utiliser !)
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Je peux difficilement vous parler de ce qui se fait chez les autres ! Chez nous, vous serez accompagnés dans une anamnèse, c'est-à-dire une relecture de la constitution progressive et de la croissance des relations constitutives de votre personnalité. Je dis une « anamnèse », car tout l’art est de laisser la direction des opérations à l’Esprit Saint et à la Parole de Dieu ; car il s’agit non pas de rafistoler de l’ancien – Dieu ne fait pas dans la restauration ! – mais de créer du neuf. Pourtant, il ne crée pas en dehors de mon histoire : la grâce suppose la nature qu’elle guérit et surélève. Autrement dit, pour accueillir la grâce sanctifiante dans toute l’épaisseur de mon histoire, je dois la laisser pénétrer aussi dans les pages que je tiens en général enfouies au fond de mon inconscient, à l’abri des regards indiscrets, y compris du regard de Dieu !
Il s’agit donc d’ouvrir le livre de notre vie à la miséricorde divine, à sa Parole qui fait la vérité, et à son Esprit qui guérit et sanctifie. Tout cela pour être plus libre aujourd’hui de répondre à son appel, de l’aimer et d’aimer mes frères d’un authentique amour de charité.
Je ne prétends pas que tout est fait en six jours ! Mais un processus est mis en route, on s’est engagé sur un chemin et on dispose des outils pour continuer le travail avec l’aide de la grâce, jusqu’à la pleine réalisation du plan de Dieu sur nous.
Il s’agit donc d’ouvrir le livre de notre vie à la miséricorde divine, à sa Parole qui fait la vérité, et à son Esprit qui guérit et sanctifie. Tout cela pour être plus libre aujourd’hui de répondre à son appel, de l’aimer et d’aimer mes frères d’un authentique amour de charité.
Je ne prétends pas que tout est fait en six jours ! Mais un processus est mis en route, on s’est engagé sur un chemin et on dispose des outils pour continuer le travail avec l’aide de la grâce, jusqu’à la pleine réalisation du plan de Dieu sur nous.