Bonjour,
L'homélie me rejoint dans une période de conflit de famille intense et pénible. La miséricorde exclut-elle la fermeté? Quelles sont les significations des interpellations, recommandations, reproches, commandements de Jésus, et jusqu'à ses colères? N'a-t-il pas maudit plusieurs Pharisiens en leur «criant des noms», détruit physiquement et illégalement (désobéissance civile) la place du marché au Temple? Comme chrétien, pourrais-je, si nécessaire, faire appel aux tribunaux?... à la police et à ses interventions parfois violentes?... voire à la guerre?...
Certes, Jésus a été l'«agneau silencieux conduit à l'abattoir». Mais n'a-t-il beaucoup parlé, agi avant d'en venir là? N'était-ce pas pour tenter, jusqu'au bout, d'éveiller les consciences de ces gens qu'il voyait glisser vers leur perte personnelle, d'abord, et l'injustice envers les autres, ensuite? C'est seulement après que nous donnerons nos vies: non?...
Et l'Église, n'est-elle pas justement incomprise et détestée pour la fermeté répétée de plusieurs de ses prises de position? pour son manque de sens du «compromis» et de l'«adaptation» à des points de vue plus majoritaires actuellement? pour son manque de miséricorde envers des gens qui souffrent et qu'elle vient «condamner, culpabiliser» par sucroît?... L'Église et le Christ sont-ils «miséricordieux», en application de l'Évangile de ce jour?...
Merci de votre bienveillance et d'une possible réponse. Bonne journée.
Homélie 21 février 2005: miséricorde versus fermeté
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P. Joseph-Marie
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- Enregistré le : 5 sept. 2003
Je vais forcément parler d’une façon générale, alors que derrière votre question, c’est une souffrance particulière, personnelle, unique qui crie. Autrement dit, je vais forcément « être à côté de la plaque »…
Je crois qu’une règle d’or est toujours : aimer le pécheur, haïr le péché. Les interventions parfois musclées de Jésus contre les pharisiens présupposent sa ferme détermination de donner sa vie pour eux. Jusqu’au bout il tente de les ramener à la raison, mais leur hostilité ne croît pas dans la même proportion que son amour pour eux ! Telle devrait être l’attitude à laquelle nous tendons. Si nous bannissons toute haine, désir de vengeance, rancœur, volonté de justice, etc., alors nous sommes dans les conditions d’un dialogue, éventuellement ferme, et l’interlocuteur le sentira. Nos émotions passent dans notre langage ; elles en font partie : notre communication est à 80% non verbale. Il faut donc que nous soignions les non-dits de nos interventions, de manière à demeurer dans l’amour, même lorsque la parole est ferme.
La difficulté réside bien sûr dans le fait que la maîtrise des passions de l’âme est un long, très long travail, qui ne se reçoit d’ailleurs que comme un fruit de l’Esprit (Ga 5).
Je crois qu’une règle d’or est toujours : aimer le pécheur, haïr le péché. Les interventions parfois musclées de Jésus contre les pharisiens présupposent sa ferme détermination de donner sa vie pour eux. Jusqu’au bout il tente de les ramener à la raison, mais leur hostilité ne croît pas dans la même proportion que son amour pour eux ! Telle devrait être l’attitude à laquelle nous tendons. Si nous bannissons toute haine, désir de vengeance, rancœur, volonté de justice, etc., alors nous sommes dans les conditions d’un dialogue, éventuellement ferme, et l’interlocuteur le sentira. Nos émotions passent dans notre langage ; elles en font partie : notre communication est à 80% non verbale. Il faut donc que nous soignions les non-dits de nos interventions, de manière à demeurer dans l’amour, même lorsque la parole est ferme.
La difficulté réside bien sûr dans le fait que la maîtrise des passions de l’âme est un long, très long travail, qui ne se reçoit d’ailleurs que comme un fruit de l’Esprit (Ga 5).