Liberté ?
-
Laurent
Liberté ?
Tout d'abord merci Père pour ce forum il me permet d'avancer dans ma foi, même si en ce moment je ne vis pas les Dix Commandements. J'aimerais avoir une réponse à cette question : Jésus par sa mort et sa résurrection nous a acquis le salut cependant pour qu'il soit effectif notre liberté doit être engagée, Dieu la respecte et ne peut rien faire contre elle, c'est l'argument qui justifie l'existence de l'enfer. Pourquoi alors naissons-nous avec le péché d'Adam, dans ce cas il n'est plus question de liberté, nous ne pouvons même pas le refuser : où est le respect de la liberté ? Comment reprocher à l'Homme ses péchés puisque sans qu'il puisse le refuser il est enchaîné au péché originel. Pourquoi la liberté dans un cas et pas dans l'autre ? La victoire du Christ n'est-elle pas plus "puissante" que la faute d'Adam ? Pourquoi Dieu n'a-t-il pas créé après Adam des êtres immaculés comme il l'a fait pour la Vierge Marie ? J'espère ne pas blasphémer en posant ces questions, si vous pensez que c'est le cas je vous demande de prier pour moi
-
P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Votre difficulté est une difficulté tout à fait compréhensible de vocabulaire. Le terme « péché originel » est en effet très mal choisi. Il ne s’agit pas d’un péché personnel, puisque le nouveau né est incapable de poser un acte de liberté qui lui soit imputable. Saint Thomas propose que ce que nous appelons « péché originel » est en fait la répercussion au niveau de notre nature humaine, du « péché des origines », commis par nos premiers parents, et qui lui était bel et bien un péché personnel. Une des conséquences de ce péché fut la perte de l’harmonie originelle des facultés, qui s’est transmise aux générations suivantes puisqu’elle affecte désormais notre nature. Cette anarchie de nos facultés conduit à la domination des passions sensibles sur notre intelligence et sur notre volonté, domination que nous éprouvons tous douloureusement comme une impuissance à maîtriser parfaitement nos pulsions, du moins sans la grâce de l’Esprit. Car le fruit de la Passion glorieuse de Notre-Seigneur Jésus-Christ est précisément de nous rétablir à l’image de Dieu, c'est-à-dire à restaurer l’harmonie originelle de nos facultés, et de nous donner cette maîtrise, que Saint Paul présente comme un fruit de l’Esprit : « Le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n'y a pas de loi. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Puisque l'Esprit est notre vie, que l'Esprit nous fasse agir » (Ga 5, 22-25).
-
Patrick S.
liberté?
Il convient également de préciser que les conséquences du péché originel , si elles ont obscurci le coeur et les sens, et affaibli la volonté et l'intelligence en les plaçant sous l'esclavage du péché, n'ont en aucun cas privé l'homme de sa liberté de continuer à chercher Dieu sincèrement( c'est la quête de tout l'Ancien testament). En Jésus-Christ , et par Lui, la plenitude de la liberté nous est restitué, celle des enfants de Dieu ( Cf Saint Paul), vivant sous la motion de l'Esprit Saint. Celui qui a dit " Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie" dit aussi à ses disciples " Alors vous connaitrez la Vérité (= Jésus), et la Vérité vous rendra libres"
Dieu aime trop ses enfants pour avoir à un quelconque moment de l'Histoire voulu les priver totalement de liberté. C'est l'homme lui même qui par un usage abusif de sa propre liberté a aliéné celle- ci et l'a abimée.
Car notre véritable liberté ne se trouve qu'en Dieu et elle est source de vie éternelle.
Ainsi cette liberté est indissociable de l'usage responsable qu'on doit en faire.
Pour reprendre une belle formule de Bossuet : " La liberté ne consiste pas à faire ce que l'on veut mais à vouloir ce que l'on doit."
Et ce que l'on doit, c'est chercher la volonté du Seigneur, c'est à dire son Plan d'amour sur chacun de nous et nous y conformer.
Cette liberté est donc exigeante, mais elle est à la hauteur de la dignité de l'homme et de la destinée inouïe à laquelle il est appellé: la Vie Eternelle en Dieu.
Dieu aime trop ses enfants pour avoir à un quelconque moment de l'Histoire voulu les priver totalement de liberté. C'est l'homme lui même qui par un usage abusif de sa propre liberté a aliéné celle- ci et l'a abimée.
Car notre véritable liberté ne se trouve qu'en Dieu et elle est source de vie éternelle.
Ainsi cette liberté est indissociable de l'usage responsable qu'on doit en faire.
Pour reprendre une belle formule de Bossuet : " La liberté ne consiste pas à faire ce que l'on veut mais à vouloir ce que l'on doit."
Et ce que l'on doit, c'est chercher la volonté du Seigneur, c'est à dire son Plan d'amour sur chacun de nous et nous y conformer.
Cette liberté est donc exigeante, mais elle est à la hauteur de la dignité de l'homme et de la destinée inouïe à laquelle il est appellé: la Vie Eternelle en Dieu.
-
Invité
Re: Liberté ?
Dieu respecte sans doute la liberté de l'homme (la "vraie" dans la théologie chrétienne est de consentir à l'être, encore cette sempiternelle ontologie !) mais ce n'est pas le seul argument qui justifie l'existence de l'enfer ! Un autre argument c'est la possibilité de faire le mal délibérément et cette possibilité naît de la faute d'Adam et Eve dans le jardin d'Eden, la nuit où tous les chats étaient gris : "Le péché mortel est le péché par malice, par choix délibéré du mal. C'est une possibilité radicale de la liberté humaine comme de l'amour lui-même (...) notre liberté ayant le pouvoir de faire des choix pour toujours, sans retour." (Catéchisme de l'Eglise catholique, Mame/Plon 1992, p.391, article n°1861.).Laurent a écrit : : Jésus par sa mort et sa résurrection nous a acquis le salut cependant pour qu'il soit effectif notre liberté doit être engagée, Dieu la respecte et ne peut rien faire contre elle, c'est l'argument qui justifie l'existence de l'enfer. Pourquoi alors naissons-nous avec le péché d'Adam, dans ce cas il n'est plus question de liberté, nous ne pouvons même pas le refuser : où est le respect de la liberté ?
Définir "le mal" comme "privatio boni" comme le faisait Leibnitz, c'est du "tout le monde il est gentil, tout le monde il est beau" !