Je suis toujours un peu effarée devant les austérités que les saints s’imposaient autrefois (silice, fouet, veilles prolongées, jeûne terrifiant…). Je pense notamment à sainte Rose de Lima fêtée dernièrement et j’en profite pour remercier frère Dominique qui aborde le sujet dans son homélie sur Jean-Baptiste aujourd’hui.
Nos saints modernes n’ont pas recours à ce genre de pratiques, me semble-t-il. Comment expliquer l’évolution de la pénitence ? Est-ce grâce à l’apport de la petite Thérèse qui s’est vivement écartée de ces procédés ? Est-ce en partie à cause des avancées de la psychologie contemporaine ? Pourquoi la pénitence se manifestait-elle auparavant de façon si extrême ?
Pénitences d'hier et d'aujourd'hui
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P.Joseph-Marie
Re: Pénitences d'hier et d'aujourd'hui
Ne croyez pas qu’il n’y a plus d’ascètes aujourd’hui !
Le danger dans ce domaine, est de s’ériger soi-même en régulateur de nos pratiques ascétiques, alors qu’elles devraient être une réponse à un appel de l’Esprit. C’est pourquoi il est fortement conseillé de les soumettre à son Père spirituel, afin qu’il vérifie que ce sont bien des « œuvres de Dieu » et non pas des « œuvres pour Dieu », c'est-à-dire des pratiques que nous nous imposons sans que Dieu ne nous les demande.
L’appel à des austérités hors du commun est un appel très particulier, que l’Esprit Saint n’adresse qu’à ceux qu’il a choisi pour ce ministère. A la suite de Saint Paul, ces personnes peuvent dire : « je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Eglise » (Col 1, 24). Comme je l’avais déjà précisé, ces souffrances n’ajoutent rien à la Passion de Jésus, comme s’il y manquait quelque chose ; mais elles permettent à Jésus d’actualiser ses souffrances rédemptrices au cœur du monde d’aujourd’hui en continuant à les vivre dans le corps de ceux qu’il a choisis et appelés à ce ministère de com-passion.
Si Sainte Thérèse s’est écartée des austérités extraordinaires, n’oublions pas que toute sa vie au Carmel fut particulièrement ascétique : ses nuits blanches dues à sa santé délabrée et le froid qu’elle ne supportait pas ; toute sa longue agonie, vécue sans que ses sœurs ne le sachent tant elle cachait bien sa souffrance ; et puis ces mille petits sacrifices quotidiens, qui coûtent d’autant plus qu’ils sont sans gloire (mais qui ont l’avantage de ne pas flatter la vanité).
Certes la prudence s’impose : certaines pathologies psychologiques présentent des symptômes qui peuvent ressembler à des austérités d’ordre ascétique ; ceci dit, je ne crois pas qu’une vie à la suite du Christ puisse totalement se passer d’ascèse, ne fût ce que pour nous souvenir que nous sommes en route vers la Patrie céleste et que notre vraie joie devrait être dans le Christ Jésus, crucifié pour moi afin que je puisse vivre de sa vie.
Le danger dans ce domaine, est de s’ériger soi-même en régulateur de nos pratiques ascétiques, alors qu’elles devraient être une réponse à un appel de l’Esprit. C’est pourquoi il est fortement conseillé de les soumettre à son Père spirituel, afin qu’il vérifie que ce sont bien des « œuvres de Dieu » et non pas des « œuvres pour Dieu », c'est-à-dire des pratiques que nous nous imposons sans que Dieu ne nous les demande.
L’appel à des austérités hors du commun est un appel très particulier, que l’Esprit Saint n’adresse qu’à ceux qu’il a choisi pour ce ministère. A la suite de Saint Paul, ces personnes peuvent dire : « je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Eglise » (Col 1, 24). Comme je l’avais déjà précisé, ces souffrances n’ajoutent rien à la Passion de Jésus, comme s’il y manquait quelque chose ; mais elles permettent à Jésus d’actualiser ses souffrances rédemptrices au cœur du monde d’aujourd’hui en continuant à les vivre dans le corps de ceux qu’il a choisis et appelés à ce ministère de com-passion.
Si Sainte Thérèse s’est écartée des austérités extraordinaires, n’oublions pas que toute sa vie au Carmel fut particulièrement ascétique : ses nuits blanches dues à sa santé délabrée et le froid qu’elle ne supportait pas ; toute sa longue agonie, vécue sans que ses sœurs ne le sachent tant elle cachait bien sa souffrance ; et puis ces mille petits sacrifices quotidiens, qui coûtent d’autant plus qu’ils sont sans gloire (mais qui ont l’avantage de ne pas flatter la vanité).
Certes la prudence s’impose : certaines pathologies psychologiques présentent des symptômes qui peuvent ressembler à des austérités d’ordre ascétique ; ceci dit, je ne crois pas qu’une vie à la suite du Christ puisse totalement se passer d’ascèse, ne fût ce que pour nous souvenir que nous sommes en route vers la Patrie céleste et que notre vraie joie devrait être dans le Christ Jésus, crucifié pour moi afin que je puisse vivre de sa vie.
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Nathalie
Re: Pénitences d'hier et d'aujourd'hui
Comment vous remercier Père ! A force de réfléchir sur vos réponses toutes pénétrées d’Esprit Saint, ce que je comprenais cérébralement commence à descendre au niveau du cœur et les faiblesses de ma santé n’induisent plus en moi les mêmes découragements. Au contraire, je perçois aujourd’hui vers quelles occasions d’intimité avec Jésus elles peuvent me conduire si je les accueille avec toute la confiance dont je suis capable. Merci encore du fond du cœur, je ne cesse de demander chaque jour au Seigneur un surcroît de grâce pour vous fortifier dans votre beau et difficile ministère. Et je prie également pour tous les participants de ce forum que je regarde comme des frères et sœurs en Christ.