Qu'est-ce donc que cette Charité chrétienne par rapport à la pitié ou à la commisération, et comment et pourquoi peut-on ou doit-on dire que l'exercice de la Charité est l'Essence même du Christianisme ?
Charité/commisération/Essence du Christianisme.
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Alexandre (Casuiste)
Charité/commisération/Essence du Christianisme.
Quelqu'un m'a dit que, bien loin devant les harangues de certains théologiens qui s'ingénient à rendre cohérent le donné de la foi par des explications ad hoc et contre vents et marées, l'exercice de la Charité chrétienne, qui n'est pas celle de la commisération, serait l'essence même du Christianisme.
Qu'est-ce donc que cette Charité chrétienne par rapport à la pitié ou à la commisération, et comment et pourquoi peut-on ou doit-on dire que l'exercice de la Charité est l'Essence même du Christianisme ?
Qu'est-ce donc que cette Charité chrétienne par rapport à la pitié ou à la commisération, et comment et pourquoi peut-on ou doit-on dire que l'exercice de la Charité est l'Essence même du Christianisme ?
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Père Joseph-Marie
Tout simplement parce que Jésus lui-même résume toute la Loi en un seul commandement en deux volets indissociables : l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Dans le quatrième évangile, ainsi que dans les lettres de Saint Jean, le thème de l'amour de charité revient sans cesse : celui qui aime connaît Dieu, car c'est le Dieu d'amour lui-même qui dans l'Esprit vient aimer en lui.
C'est amour n'a bien sûr rien à voir avec de la commisération: l'amour de Dieu pour les pécheurs que nous sommes s'appelle "miséricorde" ; or dans son encyclique Dives in misericordia, Jean-Paul II insiste que la miséricorde n'humilie pas celui qui en est bénéficiaire, car elle comporte toujours une part de réciprocité. Ainsi Dieu nous a fait miséricorde en son Fils, mais à notre tour nous sommes invités à exercer la miséricorde envers lui en consolant son Cœur, qui souffre pour tant d'indifférence et de mépris.
C'est amour n'a bien sûr rien à voir avec de la commisération: l'amour de Dieu pour les pécheurs que nous sommes s'appelle "miséricorde" ; or dans son encyclique Dives in misericordia, Jean-Paul II insiste que la miséricorde n'humilie pas celui qui en est bénéficiaire, car elle comporte toujours une part de réciprocité. Ainsi Dieu nous a fait miséricorde en son Fils, mais à notre tour nous sommes invités à exercer la miséricorde envers lui en consolant son Cœur, qui souffre pour tant d'indifférence et de mépris.
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Rémy
Le pardon exige la réparation des torts causés.
Dans l'Encyclique "Dives in miséricordia" que vous évoquez, j'ai relevé ce passage qui me semble contradictoire :
"Il est évident qu'une exigence aussi généreuse de pardon n'annule pas les exigences objectives de la justice. La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon. Dans aucun passage du message évangélique, ni le pardon ni même la miséricorde qui en est la source ne signifient indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses. en chaque cas la réparation du mal et du scandale, le dédommagement du tort causé, la satisfaction de l'offense sont conditions du pardon."
(voir sur : http://www.vatican.va/edocs/FRA0073/p8_HTM , §VII; ss-§14 : L'Eglise s'efforce de mettre en oeuvre la miséricorde.).
D'une part je remarque qu'une absolution "à la va-vite", où le Prêtre donne comme "pénitence" d'aller contempler un beau paysage par exemple, ne suffit pas pour obtenir le pardon d'une faute, puisque le pardon requiert la réparation des torts causés dans la mesure du possible, si j'ai bien compris. D'autre part n'y-a-t-il pas dans ce texte une contradiction : la justice est-elle le BUT ou la CONDITION du pardon ? Comment comprendre cela ?
"Il est évident qu'une exigence aussi généreuse de pardon n'annule pas les exigences objectives de la justice. La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon. Dans aucun passage du message évangélique, ni le pardon ni même la miséricorde qui en est la source ne signifient indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses. en chaque cas la réparation du mal et du scandale, le dédommagement du tort causé, la satisfaction de l'offense sont conditions du pardon."
(voir sur : http://www.vatican.va/edocs/FRA0073/p8_HTM , §VII; ss-§14 : L'Eglise s'efforce de mettre en oeuvre la miséricorde.).
D'une part je remarque qu'une absolution "à la va-vite", où le Prêtre donne comme "pénitence" d'aller contempler un beau paysage par exemple, ne suffit pas pour obtenir le pardon d'une faute, puisque le pardon requiert la réparation des torts causés dans la mesure du possible, si j'ai bien compris. D'autre part n'y-a-t-il pas dans ce texte une contradiction : la justice est-elle le BUT ou la CONDITION du pardon ? Comment comprendre cela ?
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Alexandre Casuiste
Charité chrétienne
Je m'aperçois que votre site vient réouvrir ! Je voudrais simplement vous faire remarquer que votre réponse à mon intervention du mois dernier me paraît vraiment succincte, et même que pour tout dire elle frise selon moi la désinformation. Je pense qu'on ne comprendra RIEN à ce qu'est la Charité chrétienne si on ne la situe pas dans l'Economie du Salut et qu'on ne précise pas son caractère "crucifiant, déchirant" selon les mots de Lustiger :
1) La Charité chrétienne consiste le renoncement joyeux à sa volonté individuelle pour y substituer celle de Dieu : faire ce que Dieu veut que nous fassions dans le moment présent (ramasser une aiguille avec Amour a dit Thérèse de Lisieux). La sainteté se conquiert donc au jour le jour en accomplissant au mieux quotidiennement son "devoir d'état". En cela "la Charité chrétienne est déchirante, crucifiante sinon nous rêvons, c'est un conte de fée" (J.M Lustiger) : il ne s'agit évidemment pas d'aller négocier de bonnes affaires avec la misère du monde en s'imaginant engranger par-là de substantiels bons-points pour son paradis d'outre-tombe !
2) Maintenant quelle est la place de la pratique actuelle et effective de la Charité chrétienne dans l'Economie du Salut ? Pourquoi faut-il renoncer à son jugement propre et à sa volonté propre en y substituant celui et celle de Dieu ? Il me semble que ce doit être parce que nous sommes créés "à l'image et à la ressemblance de Dieu", et que Dieu est justement le mystère incommensurable d'abnégation parce que Trinité. Et ainsi ce n'est qu'en reliant l'exigence de Charité chrétienne au dogme trinitaire qu'on peut comprendre un peu mieux en quoi la Charité chrétienne est l'essence même du Christianisme et pourquoi il faut être charitable.
Voilà : merci de m'avoir lu.
1) La Charité chrétienne consiste le renoncement joyeux à sa volonté individuelle pour y substituer celle de Dieu : faire ce que Dieu veut que nous fassions dans le moment présent (ramasser une aiguille avec Amour a dit Thérèse de Lisieux). La sainteté se conquiert donc au jour le jour en accomplissant au mieux quotidiennement son "devoir d'état". En cela "la Charité chrétienne est déchirante, crucifiante sinon nous rêvons, c'est un conte de fée" (J.M Lustiger) : il ne s'agit évidemment pas d'aller négocier de bonnes affaires avec la misère du monde en s'imaginant engranger par-là de substantiels bons-points pour son paradis d'outre-tombe !
2) Maintenant quelle est la place de la pratique actuelle et effective de la Charité chrétienne dans l'Economie du Salut ? Pourquoi faut-il renoncer à son jugement propre et à sa volonté propre en y substituant celui et celle de Dieu ? Il me semble que ce doit être parce que nous sommes créés "à l'image et à la ressemblance de Dieu", et que Dieu est justement le mystère incommensurable d'abnégation parce que Trinité. Et ainsi ce n'est qu'en reliant l'exigence de Charité chrétienne au dogme trinitaire qu'on peut comprendre un peu mieux en quoi la Charité chrétienne est l'essence même du Christianisme et pourquoi il faut être charitable.
Voilà : merci de m'avoir lu.
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
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Re: Le pardon exige la réparation des torts causés.
« Pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon », affirmait Jean-Paul II dans sa lettre pour la Journée de la Paix 2000.Rémy a écrit : Encyclique "Dives in miséricordia"
Le pardon n’annule pas l’exigence de justice. Le coupable « reçoit » une juste peine, qui, une fois accomplie, lui permet de réintégrer pleinement la société – du moins en principe ! En pratique nous savons bien qu’il n’en est rien. Ne gardons-nous pas un soupçon, une défiance par rapport à quelqu’un qui sort de prison, même s’il a parfaitement purgé sa peine ? Cette fois ce n’est plus lui qui est injuste, mais nous. Pour que la justice soit pleinement accomplie à son égard, il faut que nous lui accordions notre pardon, c'est-à-dire que nous l’accueillons à part entière au milieu de nous, que nous reconstituions totalement la communion qui avait été brisée par son forfait. C’est en ce sens que le Saint Père dit que la justice est le but du pardon : la justice consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. Or ce qui est dû à tout homme en raison de son humanité, c’est cette égalité de droit et de respect au milieu des siens.
La justice requiert la réparation des torts causés, du moins là où s’est possible. Si ce n’est pas possible, on demande dans le contexte de la démarche pénitentielle un effort compensatoire ; le but de la pénitence est également médicinal, à savoir nous guérir de la tendance mauvaise que l’acte a pu introduire en nous.
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Rémy
Dives in miséricordia
Vous dites à juste titre que "la justice requiert la réparation des torts causés", mais vous ne dites pas que : "EN CHAQUE CAS LA REPARATION DU MAL ET DU SCANDALE, LE DEDOMMAGEMENT DU TORT CAUSE, LA SATISFACTION DE L'OFFENSE, SONT CONDITIONS DU PARDON." : Encyclique Dives in Miséricordia, 1980, :
www.vatican.va/edocs/FRA0073/_INDEX.HTM
§VII, ss-§ 14 (vers la fin). Le Christianisme à l'eau de rose est une utopie !
www.vatican.va/edocs/FRA0073/_INDEX.HTM
§VII, ss-§ 14 (vers la fin). Le Christianisme à l'eau de rose est une utopie !
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??
Re: Charité/commisération/Essence du Christianisme.
Il y a un beau texte sur ce sujet écrit par le père Bagnard :Alexandre (Casuiste) a écrit :Quelqu'un m'a dit que, bien loin devant les harangues de certains théologiens qui s'ingénient à rendre cohérent le donné de la foi par des explications ad hoc et contre vents et marées, l'exercice de la Charité chrétienne, qui n'est pas celle de la commisération, serait l'essence même du Christianisme.
Qu'est-ce donc que cette Charité chrétienne par rapport à la pitié ou à la commisération, et comment et pourquoi peut-on ou doit-on dire que l'exercice de la Charité est l'Essence même du Christianisme ?
http://catholique-belley-ars.cef.fr/pag ... traite.htm
..."Vivre la charité c'est aimer comme Dieu aime, à la manière de Dieu..."
A vos lunettes !