foi et raison

jean-yves

foi et raison

Message par jean-yves »

J'aimerais bien vous donner raison.N'oublions pas toutefois que la foi a pris beaucoup de temps à admettre les découvertes scientifiques pour cette seule raison que les scientifiques ne se soucient pas de confronter leurs découvertes à ce qu'affirme la Bible.
L'hostilité de l'Eglise à la démocratie, à la liberté de conscience et même à la liberté de la Presse comme à la grève, est allé souvent de pair, tout au long du Xylème siècle, avec son hostilité contre la science.
Pour le théologien, la Bible est prioritaire puisqu'elle énonce les vérités indiscutables et invérifiables provenant directement de Dieu, alors que la science ne se soucie aucunement de la Bible qui reste un livre d'images sans aucune valeur scientifique.
C'est le théologien qui bataille contre la science alors que le chercheur n'a nul besoin de se soucier d'un Dieu qu'il est certain de ne jamais rencontrer dans ses expériences. L'Eglise elle-même ne nous rappelle-t-elle pas, et vous-même, que Dieu est distinct de sa création, ce qui laisse le champ libre à l'investigation scientifique.
Les savants peuvent s'en donner à coeur joie, jamais ils ne trouveront Dieu sous leur scalpel, prenant le risque de le tuer.
Jésus n'a pas été assassiné par des savants exerçant dans un cadre scientifique, mais par des prêtres tout puissants du Temple de Jérusalem. Sa mort, comme sa vie, se déroule dans un cadre exclusivement religieux. Même Pilate ne trouve rien à lui reprocher du point de vue politique qui est de son domaine, ce pourquoi il renvoie Jésus aux prêtres.
Le Golgotha est un événement religieux qui s'adresse prioritairement à nos âmes c'est-à-dire à cette partie de nous-mêmes qui accèdera au ciel alors que notre corps - objet d'études des savants - pourrira.
Il me semble que le seul fait d'écrire cette phrase suffit, par la distinction nette qu'elle établit entre la terre et le ciel à préciser la nature des relations entre science et théologie.
L'âme et ses relations avec Dieu sont l'objet de la théologie, alors que les relations du corps avec son environnement sont l'objet de la science. Chacune son domaine.

P. Joseph-Marie
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Message par P. Joseph-Marie »

Je voudrais quand même vous suggérer de vérifier ce que rapporte les mass médias avant de vous l’approprier. Je vous donne un exemple. Vous pensez peut-être à l’affaire Galilée comme à un modèle de l’obscurantisme de l’Eglise en matière de relations foi/science. Et bien il a fallu qu’un épistémologue aussi peu conformiste que Feyerabend nous ouvre les yeux sur le fait que… l’Eglise avait raison ! Le Feyerabend en question ne peut être soupçonné de complicité avec l’Eglise : pour lui il s’agissait plutôt de se moquer gentiment ( ?) d’elle. En substance il nous dit : « Pour une fois que vous voulez réviser un procès, vous ne choisissez pas le bond : vous aviez raison dans l’affaire Galilée ! ». Je m’explique. Saviez-vous que le cardinal Bellarmin a écrit une lettre à Galilée dans laquelle il lui dit en substance que si réellement il avançait des preuves expérimentales de la rotation de la terre autour du soleil, « il est évident qu’il faudrait interpréter autrement les péricopes bibliques à partir desquelles l’Eglise argumentait » !!! Vous m’entendez bien : « évident ». Comme quoi l’Eglise est peut-être moins obscurantiste qu’on ne voudrait bien la faire paraître. Et c’est un gentil païen comme Feyerabend qui doit nous le rappeler…
Car effectivement, on sait aujourd’hui que Galilée avait sans doute des intuitions fulgurantes, mais que pratiquement aucune des « preuves » expérimentales qu’il apportait n’était suffisante : il ne disposait tout simplement pas des appareils suffisants pour apporter la confirmation de ses hypothèses. Je ne veux en rien diminuer la grandeur de Galilée pour lequel j’ai une grande admiration (pour avoir étudier ses œuvres), mais je voulais seulement rectifier le tir sur l’obscurantisme de l’Eglise dans le dialogue avec les sciences.

Invité

Message par Invité »

Je vous rappelle l'encyclique "fides et ratio" du pape JPII :

http://www.vatican.va/edocs/FRA0075/_INDEX.HTM 8O

Et sur Galilée :

http://www.astrosurf.com/lombry/astro-h ... alilee.htm 8O

si ça peut vous aider dans vos tergiversations de haut vol :(

jean-yves

foi et raison

Message par jean-yves »

- Mon but n'était pas de vous irriter mais
de distinguer la science de la foi, considérant qu'il s'agit de deux domaines de compétence totalement autonomes.
- Je ne crois pas être hérétique en procédant à une telle distinction ou alors jetons toute réflexion aux orties.
Je n'ai pas étudié le cas de Galilée et je ne vois pas pourquoi vous choisissez cet exemple. C'est vous qui m'en parlez.

jean-jacques

foi et raison (suite)

Message par jean-jacques »

Les rapports entre la raison et la foi sont avant tout des rapports de pouvoir. On pourrait presqu'ajouter que ce sont des rapports politiques.
L'Eglise ne peut que redouter tout ce qui accroit le pouvoir de l'homme quand il agit sans se référer à Dieu.
Il est indéniable que les pouvoirs scientifiques et donc techniques ont connu un essor sans pécédent dans l'histoire humaine depuis la Renaissance. Galilée n'est pas dangereux d'abord pour ses théories, mais parce qu'il pense sans se référer à la Bible qui est le Référent exclusif pour l'Eglise de son temps.
Il est clair que la foi ne peut rivaliser avec la science dans le domaine de la pratique et de l'efficacité. Les miracles de Dieu sont des événements uniques qui ne se reproduisent pas mais concernent une seule personne. La vaccination sauve de la mort des milliards d'individus. Il est vain de vouloir comparer un miracle et une vaccination. Mais ne soyons pas ssurpris de constater que les gens exigent de plus en plus de la médecine, et que s'ils prient la Vierge Marie c'est pour qu'elle faasse que le traitement médical réussise.
Comment comparer une théorie scientifique aussitôt remise en question dès qu'elle est formulée, et une des croyances aussi indiscutables que vérifiables comme l'infallibilité du Pape ou l'Immaculée Conception?
La science ignore Dieu et Dieu n'est pas un objet de science sauf pour le théologien qui parle de Dieu comme si celui-ci lui avait confié ses secrets.
A quoi bon comparer ce qui est comparable. La science constitue une aventure intellectuelle passionnante. Elle engendre par les applications qu'elle autorise des catastrophes ceertaines, des destructions, en même temps qu'elle sauve et répare ou participe à l'évolution humaine. La foi s'oppose très souvent et très vigoureusement à la science dès que celle-ci cofère à l'homme un pouvoir sur sa destinée et une autorité réelle sur sa vie et ses modes de vie. Ce combat est certainement un combat d'arrière-garde. On ne gagne pas des batailles avec des principes. Ce n'est pas en citant la Genèse et en se référant à des "valeurs chrétiennes" que l'Eglise fera interdire l'avortement. Le monde a changé. La soiciété des hommes a changé. Jésus s'est incarné. Si l'Eglise demeure à l'abri, derrière les murs de ses monastères et de ses Eglises, qu'elle participera à la mutation de nos sociétés, mais en s'immergeant dedans y compris en participant à la recherche scientifique de façon active.

P. Joseph-Marie
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Enregistré le : 5 sept. 2003

Message par P. Joseph-Marie »

Je demande d’avance pardon pour ce que je vais dire, qui ne veut pas du tout être polémique et encore moins humiliant. Ce n’est donc pas un mouvement d’humeur. Mais ou bien j’efface l’intervention, ou bien je justifie le fait de ne pas répondre à ce pseudo raisonnement.
Pour engager la discussion, il faudrait en effet reprendre chaque affirmation de chaque phrase. Toute l’intervention n’est qu’une suite de slogans véhiculés couramment de nos jours, dans lesquels l’Eglise est réduite à une institution surannée qui campe sur ses « principes » dépassés, et qui ne sait pas partager un pouvoir qu’elle a d’ailleurs perdu depuis longtemps. Que c’est triste de voir aligner des poncifs qui trahissent l’ignorance totale de celui qui les écrit sur les sujets qu’il aborde ! La question du rapport entre foi et raison a toujours été au cœur de la réflexion chrétienne, et jamais l’Eglise ne s’est contentée des réponses simplistes que je lis dans ces quelques lignes. Mais leur auteur a-t-il lu l’encyclique de Jean-Paul II sur le sujet ? Mauvaise question sans doute : « que peut-il sortir de bon de l’Eglise ? ». Ses détracteurs savent mieux qu’elle ce qu’elle pense sans se faire la peine de la lire…

Verrouillé