Le Pape voudrait réconcilier la foi et la raison.
Il parle très souvent des lois naturelles voulues par Dieu et spécialement des lois naturelles de la fécondité.
La vie de Jésus contredit sans cesse les lois naturelles et la rationalité.
Il ne naît pas de façon naturelle, d'une relation amoureuse entre un homme et une femme mais par l'inexplicable opération du St Esprit.
Nous ignorons comment Marie a pu être dispensée du péché originel, et nous nous demandons pourquoi Dieu ne nous en dispense pas à notre tour, ce qui permettrait à Jésus de ne pas mourir sur une croix.
Marie reste vierge malgré son accouchement.
Ce sont autant de faits qui n'obéissent pas aux lois naturelles et que la raison se trouve dans l'incapacité d'expliquer.
Comment donc réconcilier la foi et la raison à partir du moment où on se trouve placé face à deux systèmes indépendants, qui fonctionnent chacun selon leurs lois propres ?
Les miracles ne peuvent s'expliquer sans quoi nous serions en mesure de les reproduire.
Un acte naturel peut se reproduire à l'identique. Un acte surnaturel est unique, exclusif, original.
Difficile donc de relier foi et raison.
foi et raison
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
J’ai du mal à répondre à votre intervention foisonnante - dont je me suis permis de supprimer la dernière partie, qui traitait de tout autre chose que du sujet initial. Je ne suis même pas sûr de répondre à votre question, pour autant qu’il y en ait une, mais j’espère que ces quelques considérations vous apporteront quelqu’éclairage sur ces questions.
La réconciliation de la foi et de la raison implique une juste position relative des deux approches. Le rationalisme exclut la foi sous prétexte qu’il serait indigne de l’homme de recevoir (dans la foi) une connaissance qu’il ne saurait tirer de son propre fond. Nous soutenons au contraire que c’est la grandeur de la raison naturelle de se laisser illuminer par la lumière surnaturelle de la foi et de trouver ainsi accès à un objet formel nouveau, à savoir Dieu en tant qu’il se révèle.
Mais ce que je viens d’énoncer suppose que le rationaliste accepte qu’il y a ait un Dieu Créateur qui est en soi inconnaissable, si ce n’est dans la mesure où il se donne à connaître, ce que nous désignons précisément par le terme Révélation.
Il est certain que nous n’avons pas à invoquer la Révélation pour faire progresser la science naturelle. On se souvient de la réplique de Simon de Laplace à Napoléon à qui il présentait son système astronomique : « - Et Dieu dans votre système, Mr de Laplace ? – Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ! » Au niveau de l’épistémologie de la physique, la réponse est tout à fait pertinente. Elle le serait déjà moins au niveau philosophique. Mais la nécessité de la Révélation ne s’impose que lorsque nous nous tournons vers le Mystère de Dieu, du mystère ineffable que nulle raison créée ne peut sonder, puisqu’il est le Tout-Autre incréé.
(J’ajoute un mot pour la seconde partie que j’ai supprimée : l’épistémologie de la théologie est caractérisée par son « porche », qui est précisément l’attitude de foi. A strictement parler, seul le croyant peut faire de la théologie, puisque lui seul considère que les Ecritures sont Parole de Dieu (theo-logos).)
La réconciliation de la foi et de la raison implique une juste position relative des deux approches. Le rationalisme exclut la foi sous prétexte qu’il serait indigne de l’homme de recevoir (dans la foi) une connaissance qu’il ne saurait tirer de son propre fond. Nous soutenons au contraire que c’est la grandeur de la raison naturelle de se laisser illuminer par la lumière surnaturelle de la foi et de trouver ainsi accès à un objet formel nouveau, à savoir Dieu en tant qu’il se révèle.
Mais ce que je viens d’énoncer suppose que le rationaliste accepte qu’il y a ait un Dieu Créateur qui est en soi inconnaissable, si ce n’est dans la mesure où il se donne à connaître, ce que nous désignons précisément par le terme Révélation.
Il est certain que nous n’avons pas à invoquer la Révélation pour faire progresser la science naturelle. On se souvient de la réplique de Simon de Laplace à Napoléon à qui il présentait son système astronomique : « - Et Dieu dans votre système, Mr de Laplace ? – Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ! » Au niveau de l’épistémologie de la physique, la réponse est tout à fait pertinente. Elle le serait déjà moins au niveau philosophique. Mais la nécessité de la Révélation ne s’impose que lorsque nous nous tournons vers le Mystère de Dieu, du mystère ineffable que nulle raison créée ne peut sonder, puisqu’il est le Tout-Autre incréé.
(J’ajoute un mot pour la seconde partie que j’ai supprimée : l’épistémologie de la théologie est caractérisée par son « porche », qui est précisément l’attitude de foi. A strictement parler, seul le croyant peut faire de la théologie, puisque lui seul considère que les Ecritures sont Parole de Dieu (theo-logos).)
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jacob
foi et raison: suite
J'ai lu attentivement, mon Père, votre message. Hélas, je n'y ai pas trouvé l'esquisse d'une réponse.
Je veux bien que la raison soit illuminée par la foi, mais je ne vois toujours pas comment la raison peut réussir à nous expliquer la virginité de Marie et la résurrection du Christ. Les innombrables événements "merveilleux", "miraculeux", "sur-naturels" qui composent la religion échappent à la raison et mieux, transgressent toutes les lois naturelles.
Ce que je vous dis là est le lieu même de ma question.
La raison est d'essence profane. Elle ne s'occupe que de l'humain et de ce qui est accessible à une intelligence humaine usant de sa raison, donc de ce qui est accessible à tout être humain et qui n'appartient pas au domaine du fabuleux, du merveilleux, du surnaturel et donc du poétique.
Cette séparation est claire, nette.
Le langage scientifique a ses lois, son mode spécifique, il en est de même de la poésie qui se distingue de toutes les autres formes de langage.
Le voeu du Pape est peut-être valide, ce n'est pas à moi d'en décider, mais nous attendons de lire ces oeuvres décisives écrites par un théologien qui serait en même temps un savant reconnu, un homme exceptionnel capable d'appréhender la science de Dieu et les sciences humaines, naviguant à l'aise entre elles. Ce n'est pas le cardinal Ratzinger toujours résolu à donner des leçons au monde entier qui réalisera ce chef d'oeuvre.
L'Eglise déteste trop le monde profane pour réaliser ce projet. Il faudrait un homme de conviction capable d'aimer le ciel autant que la terre et réciproquement. Vous en connaissez un?
Je veux bien que la raison soit illuminée par la foi, mais je ne vois toujours pas comment la raison peut réussir à nous expliquer la virginité de Marie et la résurrection du Christ. Les innombrables événements "merveilleux", "miraculeux", "sur-naturels" qui composent la religion échappent à la raison et mieux, transgressent toutes les lois naturelles.
Ce que je vous dis là est le lieu même de ma question.
La raison est d'essence profane. Elle ne s'occupe que de l'humain et de ce qui est accessible à une intelligence humaine usant de sa raison, donc de ce qui est accessible à tout être humain et qui n'appartient pas au domaine du fabuleux, du merveilleux, du surnaturel et donc du poétique.
Cette séparation est claire, nette.
Le langage scientifique a ses lois, son mode spécifique, il en est de même de la poésie qui se distingue de toutes les autres formes de langage.
Le voeu du Pape est peut-être valide, ce n'est pas à moi d'en décider, mais nous attendons de lire ces oeuvres décisives écrites par un théologien qui serait en même temps un savant reconnu, un homme exceptionnel capable d'appréhender la science de Dieu et les sciences humaines, naviguant à l'aise entre elles. Ce n'est pas le cardinal Ratzinger toujours résolu à donner des leçons au monde entier qui réalisera ce chef d'oeuvre.
L'Eglise déteste trop le monde profane pour réaliser ce projet. Il faudrait un homme de conviction capable d'aimer le ciel autant que la terre et réciproquement. Vous en connaissez un?
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jacob
foi et raison: suite
J'ai lu attentivement, mon Père, votre message. Hélas, je n'y ai pas trouvé l'esquisse d'une réponse.
Je veux bien que la raison soit illuminée par la foi, mais je ne vois toujours pas comment la raison peut réussir à nous expliquer la virginité de Marie et la résurrection du Christ. Les innombrables événements "merveilleux", "miraculeux", "sur-naturels" qui composent la religion échappent à la raison et mieux, transgressent toutes les lois naturelles.
Ce que je vous dis là est le lieu même de ma question.
La raison est d'essence profane. Elle ne s'occupe que de l'humain et de ce qui est accessible à une intelligence humaine usant de sa raison, donc de ce qui est accessible à tout être humain et qui n'appartient pas au domaine du fabuleux, du merveilleux, du surnaturel et donc du poétique.
Cette séparation est claire, nette.
Le langage scientifique a ses lois, son mode spécifique, il en est de même de la poésie qui se distingue de toutes les autres formes de langage.
Le voeu du Pape est peut-être valide, ce n'est pas à moi d'en décider, mais nous attendons de lire ces oeuvres décisives écrites par un théologien qui serait en même temps un savant reconnu, un homme exceptionnel capable d'appréhender la science de Dieu et les sciences humaines, naviguant à l'aise entre elles. Ce n'est pas le cardinal Ratzinger toujours résolu à donner des leçons au monde entier qui réalisera ce chef d'oeuvre.
L'Eglise déteste trop le monde profane pour réaliser ce projet. Il faudrait un homme de conviction capable d'aimer le ciel autant que la terre et réciproquement. Vous en connaissez un?
Je veux bien que la raison soit illuminée par la foi, mais je ne vois toujours pas comment la raison peut réussir à nous expliquer la virginité de Marie et la résurrection du Christ. Les innombrables événements "merveilleux", "miraculeux", "sur-naturels" qui composent la religion échappent à la raison et mieux, transgressent toutes les lois naturelles.
Ce que je vous dis là est le lieu même de ma question.
La raison est d'essence profane. Elle ne s'occupe que de l'humain et de ce qui est accessible à une intelligence humaine usant de sa raison, donc de ce qui est accessible à tout être humain et qui n'appartient pas au domaine du fabuleux, du merveilleux, du surnaturel et donc du poétique.
Cette séparation est claire, nette.
Le langage scientifique a ses lois, son mode spécifique, il en est de même de la poésie qui se distingue de toutes les autres formes de langage.
Le voeu du Pape est peut-être valide, ce n'est pas à moi d'en décider, mais nous attendons de lire ces oeuvres décisives écrites par un théologien qui serait en même temps un savant reconnu, un homme exceptionnel capable d'appréhender la science de Dieu et les sciences humaines, naviguant à l'aise entre elles. Ce n'est pas le cardinal Ratzinger toujours résolu à donner des leçons au monde entier qui réalisera ce chef d'oeuvre.
L'Eglise déteste trop le monde profane pour réaliser ce projet. Il faudrait un homme de conviction capable d'aimer le ciel autant que la terre et réciproquement. Vous en connaissez un?
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Désolé mais je ne peux vraiment pas consonner à ce que vous dites ! Trouvez-moi une religion qui élève la création toute entière à une telle dignité, que Dieu lui-même l’assume, l’arrache aux conséquences du péché originel, et l’introduit dans sa gloire ? Car la résurrection du Christ implique son corps, et donc toute la création qu’il récapitule en lui. N’oublions pas la lettre aux Romains : « J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu : si elle fut assujettie à la vanité - non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise - c'est avec l'espérance
d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8, 18-21).
Quant à l’articulation foi – raison, il est clair que la foi aborde les questions qui échappent à la seule raison, sans quoi la foi serait bel et bien inutile ! Le mystère n’est cependant pas pour autant irrationnel : il est trans-rationnel ; ce qui veut dire que la raison seule n’arrive pas à l’épuiser et a besoin d’un autre éclairage pour pénétrer le sens de tel ou tel événement ou de telle ou telle affirmation dogmatique.
La raison résout des problèmes à partir de ses propres ressources, mais elle se laisse éclairer par la foi pour contempler les mystères et en vivre.
d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8, 18-21).
Quant à l’articulation foi – raison, il est clair que la foi aborde les questions qui échappent à la seule raison, sans quoi la foi serait bel et bien inutile ! Le mystère n’est cependant pas pour autant irrationnel : il est trans-rationnel ; ce qui veut dire que la raison seule n’arrive pas à l’épuiser et a besoin d’un autre éclairage pour pénétrer le sens de tel ou tel événement ou de telle ou telle affirmation dogmatique.
La raison résout des problèmes à partir de ses propres ressources, mais elle se laisse éclairer par la foi pour contempler les mystères et en vivre.
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Invité
C'est ce que dit en effet l'Encyclique providentissimus du pape Léon XIII (1893) :P. Joseph-Marie a écrit : A strictement parler, seul le croyant peut faire de la théologie, puisque lui seul considère que les Ecritures sont Parole de Dieu (theo-logos).)
"Nos adversaires principaux sont les rationalistes qui nient l'inspiration, le miracle, la véracité des faits bibliques."
Et plus loin :
"La théologie ne tire pas ses principes des autres sciences, mais immédiatement de Dieu par la Révélation. Et aussi, elle ne reçoit rien de ces sciences, mais lui étant supérieure elle les emploie comme étant ses inférieures et ses servantes."
Voir :
http://www.vatican.va/holy_father/leo_x ... us_fr.html
(3.Rufinus Hist cred eccl II,9 ; 2.De gers ad litt VIII,7,13. ; 1) Clément d'alexandrie, fin du $).
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jacob
foi et raison (fin)
Après une réponse papale aussi péremptoire, il est évident qu'il n'y a plus rien à dire et que le débat Foi et Raison est clos.
Les sciences rationnelles étant déclarées par Léon XIII, des sciences infèrieures et des servantes de la théologie, elles ont juste le droit de se taire ou de confirmer ce que disent les théologiens.
Quel soulagement! Les sciences sont devenues si difficiles parce que si complexes. A quoi bon perdre son temps et son argent à faire de la physique, de la chimie, de la biologie, qui exigent de plus en plus de matériel et d'installations très coûteuses, il est vraiment plus facile de parler de Dieu. On ne risque plus d'être brûlé sur un bûcher pour hérésie. Une feuille de papier, un crayon et l'inspiration du St Esprit suffisent.
Dommage que le St Esprit ne perde pas un peu de son temps à aider les chercheurs qui travaillent sur le vaccin contre le Sida.
Comme miracle, ce serait sensationnel et tellement utile.
Les sciences rationnelles étant déclarées par Léon XIII, des sciences infèrieures et des servantes de la théologie, elles ont juste le droit de se taire ou de confirmer ce que disent les théologiens.
Quel soulagement! Les sciences sont devenues si difficiles parce que si complexes. A quoi bon perdre son temps et son argent à faire de la physique, de la chimie, de la biologie, qui exigent de plus en plus de matériel et d'installations très coûteuses, il est vraiment plus facile de parler de Dieu. On ne risque plus d'être brûlé sur un bûcher pour hérésie. Une feuille de papier, un crayon et l'inspiration du St Esprit suffisent.
Dommage que le St Esprit ne perde pas un peu de son temps à aider les chercheurs qui travaillent sur le vaccin contre le Sida.
Comme miracle, ce serait sensationnel et tellement utile.
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P. Joseph-Marie
- Messages : 1327
- Enregistré le : 5 sept. 2003
Je comprends votre réaction, mais ce n’est quand même pas ce que dit le Magistère ! N’oubliez pas que dans la tradition scientifique, les clercs sont en nombre, et qu’ils ne sont pas les derniers à avoir fait avancer la recherche. A commencer par Saint Albert le Grand (XIIIe s.), maître de Saint Thomas, et patron des scientifiques.
L’insistance des documents cités ne se comprend que dans le contexte de leur rédaction. Ils veulent souligner la spécificité de la discipline théologique par rapport à un rationalisme triomphant qui nie la pertinence de la connaissance de foi. Le concile Vatican I disait déjà qu’il ne pouvait y avoir opposition entre les résultats de la science et de la théologie, car c’est le même Dieu qui se révèle en Jésus-Christ et que nous pouvons connaître dans la foi ; et qui nous donne l’intelligence pour scruter les arcanes de la création. L’Eglise a toujours affirmé que le développement de la science et de ses applications pour le bien commun de l’humanité, était conforme au plan de Dieu et à sa volonté sur l’homme. Le pape Léon XIII s’insurge contre un discours scientiste qui prétend expurger la rationalité de la foi considérée par certains comme une pathologie de la raison. Que la théologie ne reçoit rien de la science est évident puisque son objet formel est Dieu en tant qu’il se révèle. Il y a une théologie dite naturelle, qui tente de remonter par le raisonnement des créatures au Créateur, mais fondamentalement, la théologie se définit comme la recherche de l’intelligence de la foi ; elle part donc tout entière de la foi, c'est-à-dire de la Révélation divine, et non des sciences naturelles. Mais inversement il est tout aussi vrai de dire que les sciences ne reçoivent rien de la théologie !
Que le pape affirme la supériorité de la théologie ne doit pas non plus vous étonnez : en bonne philosophie, on classe les sciences d’après leur objet formel (c’était déjà la démarche d’Aristote). Or il n’y a pas d’objet formel plus élevé que Dieu lui-même. Il est dès lors logique de dire que la science première est la théologie auxquelles les autres sciences sont dès lors subordonnées.
Enfin l’expression « servante » est un reliquat d’une question remontant au Moyen-âge : la « philosophia ancilla theologia » : la philosophie est-elle servante de la théologie ? Je crois que tous les séminaristes du monde ont fait un travail sur cette question ! Tout cela simplement pour vous montrer qu’un tel extrait n’est choquant que parce qu’il est pris hors de son contexte.
L’insistance des documents cités ne se comprend que dans le contexte de leur rédaction. Ils veulent souligner la spécificité de la discipline théologique par rapport à un rationalisme triomphant qui nie la pertinence de la connaissance de foi. Le concile Vatican I disait déjà qu’il ne pouvait y avoir opposition entre les résultats de la science et de la théologie, car c’est le même Dieu qui se révèle en Jésus-Christ et que nous pouvons connaître dans la foi ; et qui nous donne l’intelligence pour scruter les arcanes de la création. L’Eglise a toujours affirmé que le développement de la science et de ses applications pour le bien commun de l’humanité, était conforme au plan de Dieu et à sa volonté sur l’homme. Le pape Léon XIII s’insurge contre un discours scientiste qui prétend expurger la rationalité de la foi considérée par certains comme une pathologie de la raison. Que la théologie ne reçoit rien de la science est évident puisque son objet formel est Dieu en tant qu’il se révèle. Il y a une théologie dite naturelle, qui tente de remonter par le raisonnement des créatures au Créateur, mais fondamentalement, la théologie se définit comme la recherche de l’intelligence de la foi ; elle part donc tout entière de la foi, c'est-à-dire de la Révélation divine, et non des sciences naturelles. Mais inversement il est tout aussi vrai de dire que les sciences ne reçoivent rien de la théologie !
Que le pape affirme la supériorité de la théologie ne doit pas non plus vous étonnez : en bonne philosophie, on classe les sciences d’après leur objet formel (c’était déjà la démarche d’Aristote). Or il n’y a pas d’objet formel plus élevé que Dieu lui-même. Il est dès lors logique de dire que la science première est la théologie auxquelles les autres sciences sont dès lors subordonnées.
Enfin l’expression « servante » est un reliquat d’une question remontant au Moyen-âge : la « philosophia ancilla theologia » : la philosophie est-elle servante de la théologie ? Je crois que tous les séminaristes du monde ont fait un travail sur cette question ! Tout cela simplement pour vous montrer qu’un tel extrait n’est choquant que parce qu’il est pris hors de son contexte.