Si j'avais commis tous les péchés...

P.Joseph-Marie

Re: Si j'avais commis tous les péchés...

Message par P.Joseph-Marie »

Non c'est une question très intéressante, sauf que j'y ai déjà répondu plusieurs fois... :)

Nathalie

Re: Si j'avais commis tous les péchés...

Message par Nathalie »

A ce propos me vient une autre question : Une personne morte en état de sainteté est-elle toujours et dans tous les cas dispensée de purgatoire ?

La petite Thérèse vivait brûlée du désir de rejoindre Jésus dès son dernier souffle, et répugnait à la pensée de vivre l'état de purification post mortem.

Peut-on raisonnablement penser que certains saints ont tout de même traversé l'épreuve du purgatoire (en abrégé sans nul doute mais suffisamment pour se purifier des quelques scories qui auraient pu subsister).
Je n'ai hélas pas les références sous les yeux mais j'ai le vague souvenir d'un écrit d'Adrienne Von Speyr. De son vivant, cette mystique a eu la grâce de recevoir les confidences d'un grand nombre de saints déjà morts (elle avait connaissance de leurs façons de prier, et si ma mémoire est bonne l'un d'entre eux lui a "confessé" son manque de ferveur).
Ce qui souligne en tout cas que nous serons les uns pour les autres d'une transparence parfaite et totale au Ciel !

P.Joseph-Marie

Re: Si j'avais commis tous les péchés...

Message par P.Joseph-Marie »

Si notre désir est totalement unifié en Dieu, nous n’aurons affectivement plus à passer par le Purgatoire.

Aimé

Re: Si j'avais commis tous les péchés...

Message par Aimé »

Ce qui a de la "gueule" dans le christianisme, c'est le lavement des pieds des apôtres par Jésus qui leur a demandé (nous demande à chacun d'entre nous) de faire pareil. Si tout le monde s'y mettait, cela ferait une belle globalité. J'ignore si Michel Ange a représenté cette globalité-là dans une de ses fresques.

Suzanne

Re: Si j'avais commis tous les péchés...

Message par Suzanne »

Père Verlinde vous écrivez ceci en réponse à un message de Paul-Henry:
“Chacun pourra choisir Dieu au moment de paraître devant lui, mais nous paraîtrons tels que nous sommes au terme de notre vie de péché. Si nous avons vécu repliés sur nous-mêmes, ne cherchant qu’à satisfaire notre égoïsme, refusant la Loi de Dieu comme celle des hommes, c’est « chargés » de tous ces refus que nous aurons à nous décider.
Autrement dit, le choix ne s’imposera pas : nous aurons à dépasser l’inertie de l’orientation de toute une vie, ce qui n’est pas rien. La possibilité de persévérer dans notre refus d’ouverture, dans notre refus d’amour, n’est pas illusoire, loin de là.”
Si je comprends bien votre message je serai mon propre juge. Ou plutôt si je suis prisonnière de mon égoïsme je ne choisirai rien , je resterai telle que je suis arrivée, l’âme chargée de tous mes refus. La chance me sera donnée de m’ouvrir à l’amour mais je serai tellement engluée dans mes refus d’aimer que je n’ai aucune chance de sortir de ma nuit.
Ce n’est pas très optimiste.
Le Christ n’est-il pas ressuscité pour tous les hommes?
Pourquoi s’exposer à la souffrance et à la mort et accepter les humiliations qui lui sont imposées si, en fin de parcours, seuls quelques uns verront Dieu dans sa gloire?
Pourquoi ressusciter les méchants, les égoïstes, tous ceux qui ne se préoccupent que d’eux-mêmes ignorant toute charité s’ils doivent poursuivre dans les cieux leur vie fermée sur elle-même?
Ce serait aussi bien de ne pas leur redonner vie.
L’Eglise ne dit-elle pas que le Christ a expié tous nos péchés et qu’il a payé de son sang notre salut éternel?
En quoi consiste le salut éternel d’un individu qui ne voit jamais le jour céleste à travers les yeux de son âme? Est-ce considéré comme un châtiment?
Il serait mieux mort définitivement. Merci.

P.Joseph-Marie

Re: Si j'avais commis tous les péchés...

Message par P.Joseph-Marie »

Je ne sais vraiment plus quel langage employer !
Je crois avoir dit et redit que le salut n’est pas « une rustine sur un pneu crevé » ; autrement dit c’est infiniment plus que l’annulation de la dette de mes péchés. Il s’agit d’entrer dans une relation d’amour avec Dieu. Or l’amour ne s’impose pas, il se propose. C’est ce que fait Dieu pour nous. En Jésus-Christ il s’est réconcilié tous les hommes. Jésus a versé son Sang pour tous sans exception. Mais ce salut, c'est-à-dire cette filiation divine dans l’Esprit, ne sera imposée à personne. Le Seigneur nous laisse libre et continue à nous donner la possibilité de le choisir, du moins aussi longtemps que nous sommes dans le devenir, c'est-à-dire dans la temporalité. Mais lorsque nous paraîtrons devant lui, nous ne serons plus soumis aux conditions spatio-temporelles de notre monde. Je répète que l’éternité n’est pas une succession infinie d’instants, mais un seul instant qui les contient tous. Voilà pourquoi notre choix sera décisif.
Si le Seigneur ne ressuscite pas les méchants : comment pourraient-ils encore choisir ? Ce serait profondément injuste. D’ailleurs ils ne seront définitivement « méchants » qu’après avoir posé un choix négatif : avant cela la conversion demeure possible et Dieu l’espère de tout cœur. Souvenons-nous du bon larron.
J’ajoute que l’Eglise nous demande de croire en la possibilité réelle de l’enfer, mais ne nous oblige pas d’y mettre quelqu’un, même pas Judas, car ce serait prétendre connaître les décrets de la Miséricorde divine. Nous sommes tout au contraire invités à prier pour le salut des âmes, et à espérer que tous soient sauvés.
Enfin n’oublions jamais que la Bonté de Dieu outrepasse tout ce que nous pouvons imaginer, et que sa miséricorde saura trouver des voies inattendues pour toucher les âmes les plus « engluées ». Sans pour autant neutraliser leur liberté…
Voilà les deux bouts de la chaîne qu’il nous faut tenir ensemble : la miséricorde infinie de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés, et la liberté bien réelle de l’homme, qui peut s’opposer efficacement à ce projet de salut.

Verrouillé