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Vivienne

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Message par Vivienne »

Bonjour père,
Vous dites qu'une guérison "surnaturelle" est le plus souvent liée à un esprit ou autre (je ne maitrise pas ce genre de vocabulaire). J'aurais donc une question à vous poser.
J'ai une amie qui possède un "don", c'est à dire qu'elle peur faire partir les verrues, supprimer la douleur en cas de brûlure. Pour y avoir déjà eu recours, je sais qu'elle n' a pas besoin de nous voir directement (un coup de telephone suffit pour avertir) et qu'il faut dire 3 Notre Père et 3 Je Vous Salue le premier soir. Est-ce une pratique mauvaise ? Si on reconnaît l'arbre aux fruits, ils ne me semblent pas si mauvais.
Merci disponibilité à répondre à tout type de questions.
Vivienne

P. Joseph-Marie
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Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16

Message par P. Joseph-Marie »

Précisons d’abord qu’il y a trois types de guérison possibles :
- la guérison naturelle : celle que produit ma nature en puisant dans ses propres capacités régénératrices, éventuellement stimulées par un apport médicamenteux extérieur ;
- la guérison surnaturelle : celle que Dieu seul peut opérer, parce qu’elle transcende radicalement les forces de la nature et de l’art humain ;
- la guérison préternaturelle : celle que notre nature ne peut opérer par elle-même, mais peut réaliser avec l’aide d’une « force spirituelle » lui venant en aide. Le tout est de discerner la nature de l’entité en question. Cette force est dans bien des cas un « esprit ». Mais il ne s’agit pas dans ce cas d’une guérison surnaturelle !

Quant au « don » de guérison des brûlures, zona, verrues, etc., Saint Augustin (repris par Saint Thomas) le cite comme exemple de procédure… magique ! Voici le raisonnement. Quelle est la cause de la guérison ? La parole prononcée par la personne sur la brûlure ? La « formule » qu’elle récite ? Je dis bien formule et non prière, et ceci pour deux raisons :
- une parole qui est supposée produire son effet automatiquement par le seul fait de la dire est la définition même d’une formule magique. La prière est tout au contraire une ouverture du cœur à un Dieu personnel et libre, qui garde l’initiative de me répondre lorsqu’il lui semblera opportun de le faire. On manipule les forces occultes, mais pas Dieu !
- la dite formule n’est pas adressée à Dieu mais au feu, et contient en général une référence à Judas.

Cherchez bien : aucune des actions posées par le « thérapeute » ne peut rendre compte de l’effet obtenu, à savoir la guérison de la brûlure. Donc, conclut Saint Augustin, si l’effet ne peut être expliqué par les actions du thérapeute, c’est donc que la formule qu’il prononce est un « signe conventionnel » adressé à un esprit, qui est la véritable cause de la « guérison ». Pour Augustin, il ne fait pas de doute que ces esprits sont diaboliques. Mais alors le diable s’est-il converti et fait-il du bien ? Détrompez-vous : le bien obtenu n’est toujours qu’apparent : à vrai dire, il n’y a pas guérison mais déplacement de symptômes. Il faut certes juger l’arbre aux fruits, mais il faut attendre que les fruits mûrissent pour les juger…

Vivienne

Message par Vivienne »

merci pour une réponse si détaillée.
Combien de temps mettent ces "fruits" pour mûrir ? Cela va faire près de 10 ans que j'ai été "traitée" pour une verrue, je ne voit pas de problèmes particuliers survenus après cet épisode. Ai-je quelque chose de particulier à faire maintenant ?

P. Joseph-Marie
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Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16

Message par P. Joseph-Marie »

Si après dix ans il n’y a pas de fruit empoisonné, tout me porte à croire qu’il n’y en aura pas. Nous pouvons compter aussi sur la grâce divine : si je pose un acte mauvais mais en ignorant totalement sa malice, et sans qu’il y ait de ma part responsabilité dans cette ignorance, je peux compter sur la protection divine qui empêche l’ennemi d’agir à mes dépends. Bien sûr si aujourd’hui vous recouriez à ce genre de « service », vous ne seriez plus couverte par cette protection puisque vous êtes au courant. Ce serait mettre le Seigneur au défi, ce qui est bien sûr une faute.

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