Cher Daniel,
Merci pour votre réponse et votre témoignage.
Je crois comme vous qu'il faudrait définitivement bannir le terme "technique" de tout discours traitant de la prière chrétienne; l'utiliser nous expose inévitablement à la confusion.
Il y a certaines formes de prière qui comportent une technique respiratoire, comme le chant grégorien par exemple, mais la technique n'entre pas immédiatement dans la prière, mais seulement dans les conditions d'exercice d'un chant particulier.
De même le st Curé d'Ars demandait à Dieu de pouvoir lui dire "je t'aime" à chaque battement de son coeur et à chaque respiration. Cela m'étonnerait qu'il se soit mis à tenter de maîtriser son souffle ou les battements de son coeur pour y joindre une sorte de "mantra" chrétien.
Il s'agit plutôt d'une visée intentionnelle que d'une recherche de mise en pratique concrète, qui n'aurait pas beaucoup de sens dans le contexte de la prière chrétienne.
J'ai pu assister à l'intervention "musclée" d'un prêtre orthodoxe, qui fulminait contre l'ouvrage bien connu "Récit d'un pélerin russe", qui selon lui - et je suis tout à fait du même avis - est une dangereuse parodie de l'hésychasme. Le dit pélerin répète des milliers de fois une formule jusqu'à atteindre des états mentaux second, mais tout cela ne le fait guère avancer en sainteté, à en juger son comportement moral. Ce genre d'utilisation de la prière de Jésus s'apparente plus à ce que l'on trouve dans les naturalismes qu'à une prière chrétienne.
Ceci dit, le corps a certes sa place dans la prière, mais pour exprimer ce que le coeur tente de dire à son Dieu: l'amour, la supplication la plainte, la joie, l'abandon, etc...
Dans la prière chrétienne, c'est l'esprit qui se sert du corps, de son attitude, pour exprimer ce qu'il ressent, et pas la posture du corps qui induit une expérience dite "spirituelle".
Il est bon de rappeler que ste Thérèse d'Avilla s'insurgeait contre la maîtrise du souffle et la concentration mentale en vue d'éliminer les pensées.

Père Joseph-Marie Verlinde