En 1929, le Père jésuite Pirri écrit trois articles dans la Civiltà Cattolica pour dire que "le Rotary ne diffère absolument pas de la franc-maçonnerie". Le 15 janvier 1929 est publiée une condamnation pontificale d'appartenance au Rotary.
Le 12 octobre 1949, Alfredo Ildefonso cardinal Schuster indique que le Rotary est une des "formes ésotériques d'une maçonnerie unique".
En janvier 1951, le pape Pie XII réitère avec force la condamnation de 1929.
Pourtant, le 13 novembre 1957, Giovanni Battista cardinal Montini indique :
"Je vous remercie, messieurs les membres du Rotary, pour cette manifestation d'hommage que vous m'adressez. Je dois avec loyauté déclarer que par le passé j'ai émis beaucoup de réserves sur le Rotary, fruits d'ignorance et d'erreurs".
Enfin, sa Sainteté le pape Jean-Paul II affirme aujourd'hui "la compatibilité, voire la complémentarité, entre l'oeuvre catholique et l'oeuvre rotarienne".
Si le Rotary (qui fut fondé par des francs-maçons) ne diffère pas de la franc-maçonnerie, pourquoi la position de l'Eglise a-t-elle changée, comme d'ailleurs sur le scoutisme ?
Vos récentes paroles résonnent en moi Père Joseph-Marie, "je serai curieux de découvrir ce que penseront de nous les générations à venir : quel jugement poseront-ils sur des comportements qui nous semblent aujourd’hui tout à fait justifiables ?"
Certaines des condamnations du Magistère, "aujourd'hui tout à fait justifiables" et que vous expliquez fort bien, n'apparaîtront-elles pas demain totalement obsolètes, "fruits d'ignorance et d'erreurs" ?
Rotary Club
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P.Joseph-Marie
Re: Rotary Club
Le cas du Rotary club n’est pas à généraliser. Vous aurez remarqué que la position de l’Eglise n’a pas changé en ce qui concerne la franc-maçonnerie. Mais dans la mesure où le Rotary club, originellement proche - et même issu – de la franc-maçonnerie, a pris ses distances par rapport à ce mouvement, il n’y a plus de raison pour que l’Eglise le condamne.
En ce qui concerne les décisions réformables de l’Eglise, elles ne concernent pas – et n’ont jamais concerné – ce qui concerne le domaine de « la foi et les mœurs », c'est-à-dire l’explicitation de la doctrine de la Révélation et son explicitation concrète. Or dans le cas de la franc-maçonnerie, c’est l’incompatibilité de la doctrine que professe ce mouvement avec la foi chrétienne qui motive le refus de l’Eglise d’admettre la double appartenance. L’avis de l’Eglise peut varier quant à savoir si tel ou tel mouvement relève de cette doctrine ou pas, mais son jugement sur la dite doctrine demeure inchangé.
En ce qui concerne les décisions réformables de l’Eglise, elles ne concernent pas – et n’ont jamais concerné – ce qui concerne le domaine de « la foi et les mœurs », c'est-à-dire l’explicitation de la doctrine de la Révélation et son explicitation concrète. Or dans le cas de la franc-maçonnerie, c’est l’incompatibilité de la doctrine que professe ce mouvement avec la foi chrétienne qui motive le refus de l’Eglise d’admettre la double appartenance. L’avis de l’Eglise peut varier quant à savoir si tel ou tel mouvement relève de cette doctrine ou pas, mais son jugement sur la dite doctrine demeure inchangé.
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benoît
Re: Rotary Club
j'ai interrogé un ami juriste qui s'est penché sur le droit canonique concernant la franc-maçonnerie. voici sa réponse:
"QU'ELLE EST LA POSITION DE L'EGLISE CATHOLIQUE A L'EGARD DE LA
FRANC-MAçONNERIE ?
L'ancien Code de Droit Canonique excommuniait (Canon 2335) les Francs-Maçons
qui complotaient contre l'église ou contre les autorités civiles légitimes.
Cette excommunication ne frappait que les Maçons qui avaient réellement
commis ces délits (Canon 2228).
Aujourd'hui, le nouveau Code promulgué en 1983 ne mentionne plus la
Franc-Maçonnerie, tout en sanctionnant encore les deux mêmes délits (Canon
1374).
Ces conspirations ne peuvent exister au sein de la Franc-Maçonnerie
Régulière puisque dans sa Règle (cf. La Règle en 12 points, article 6), elle
interdit en son sein toutes discussions ou controverses politiques ou
religieuses."
Qu'en dites-vous ?
"QU'ELLE EST LA POSITION DE L'EGLISE CATHOLIQUE A L'EGARD DE LA
FRANC-MAçONNERIE ?
L'ancien Code de Droit Canonique excommuniait (Canon 2335) les Francs-Maçons
qui complotaient contre l'église ou contre les autorités civiles légitimes.
Cette excommunication ne frappait que les Maçons qui avaient réellement
commis ces délits (Canon 2228).
Aujourd'hui, le nouveau Code promulgué en 1983 ne mentionne plus la
Franc-Maçonnerie, tout en sanctionnant encore les deux mêmes délits (Canon
1374).
Ces conspirations ne peuvent exister au sein de la Franc-Maçonnerie
Régulière puisque dans sa Règle (cf. La Règle en 12 points, article 6), elle
interdit en son sein toutes discussions ou controverses politiques ou
religieuses."
Qu'en dites-vous ?
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P.Joseph-Marie
Re: Rotary Club
Le Droit canonique a été révisé après le Concile, pour le recentrer sur l’ecclésiologie de communion que celui-ci avait développée. Les simplifications apportées visent à rendre l’utilisation du Code plus facile ; mais ceci ne signifie pas que les anciens canons sont devenus obsolètes. Simplement le Code ne prétend pas tout dire sur tout. Il suppose que le lecteur ait du bon sens et soit capable d’interpréter les cas non explicitement traités, dans l’esprit des textes conciliaires. C’est ce qu’on essaye d’enseigner dans les facultés de Droit canonique.
En ce qui concerne la franc-maçonnerie, le cardinal Ratzinger a publié le 26 novembre 1983 une déclaration au nom de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répondant très précisément à votre question :
Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (1)
On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.
Cette Sacrée Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont inclues dans des catégories plus larges.
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise.
Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci-dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Sacrée Congrégation du 17 février 1981 (2).
Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication.
A Rome, au siège de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, le 26 novembre 1983.
Joseph, card. Ratzinger, préfet.
Mgr. Jérôme Hamer, o.p., secrétaire
(1) Texte latin et italien dans l’Osservatore Romano du 27 novembre 1983. Traduction, titre et notes de La Documentation Catholique du 1er janvier 1984, n°1865, p.29.
(2) La Documentation Catholique, 1981, n°1805, p.349.
Vous trouverez cette déclaration, ainsi que la déclaration sur le sujet des évêques d’Allemagne et de la conférence épiscopale de l’Océan indien, dans mon ouvrage « Quand le voile se déchire ».
En ce qui concerne la franc-maçonnerie, le cardinal Ratzinger a publié le 26 novembre 1983 une déclaration au nom de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répondant très précisément à votre question :
Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (1)
On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.
Cette Sacrée Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont inclues dans des catégories plus larges.
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise.
Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci-dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Sacrée Congrégation du 17 février 1981 (2).
Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication.
A Rome, au siège de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, le 26 novembre 1983.
Joseph, card. Ratzinger, préfet.
Mgr. Jérôme Hamer, o.p., secrétaire
(1) Texte latin et italien dans l’Osservatore Romano du 27 novembre 1983. Traduction, titre et notes de La Documentation Catholique du 1er janvier 1984, n°1865, p.29.
(2) La Documentation Catholique, 1981, n°1805, p.349.
Vous trouverez cette déclaration, ainsi que la déclaration sur le sujet des évêques d’Allemagne et de la conférence épiscopale de l’Océan indien, dans mon ouvrage « Quand le voile se déchire ».