Bonjour, Père Verlinde
Vous n'avez jusque là abordé les livres de Rowling que par brèves allusions. Je ne sais pas trop quoi faire. A priori, dans ma famille, nous sommes immunisés face au Nouvel Age. Malgré tout, je constate le succès des Harry Potter: tous, nous les avons lu, aussi bien moi, mon frère, mes soeurs que mes parents. Jamais je n'avais été habitué à une telle hystérie lors de la sortie des inédits; et non content de relire les anciens épisodes, mes soeurs s'empressent de les découvrir dans leur version anglaise. Quand à leurs adaptations au cinéma, je suis sans doute le seul avec mon père à ne pas les avoir toutes vues.
J'ai arrêté de les lire depuis que j'ai appris que le pape, encore cardinal, avait déconseillé cette lecture. Par contre, pour ce qui est de convaincre les autres, c'est un échec complet.
Les arguments avancés? -mais ce n'est qu'une histoire (le même qu'on m'a servi pour défendre le Da Vinci)! Il faudrait ne pas prendre ce qui est raconté au sérieux, sinon on remiserait au placard une bonne partie de la littérature existante.Quand je parle de l'opposition magiciens/moldus, par exemple? c'est que j'ai l'esprit mal tourné. Au contraire, le père de Ron est plein d'affection pour eux. Enfin, Harry Potter, paraît-il, est très moral: et quand j'émet des doutes, je ne suis pas pris au sérieux!
Alors que faut-il dire? A priori ma famille est assez mature. Pourtant je constate qu'avant Rowling nous avions la Guerre des étoiles, puis, dans une moindre mesure, Harry Potter. Quant au film Matrix il n'est certainement pas innocent. J'ai le sentiment que s'opère dans la société une habituation au nouvel-Age, alors même qu'on n'en fait pas partie.
Que devrais-je dire pour les convaincre? j'ai peur que même s'ils en comprenaient le contenu idéologique, ils continueraient (on lit bien Les Bacchantes d'Eschyle).
Harry Potter en famille
-
P. Joseph-Marie
- Messages : 1010
- Enregistré le : lun. 29 sept. 2003 13:16
Je crains que ce soit en effet peine perdue : on ne lutte pas contre un paradigme. Harry Potter est porteur d’un grand nombre des valeurs – et antivaleurs – de ce paradigme. D’où son succès. Le tout présenté sous forme d’une histoire agréable à suivre – bien que devenant de plus en plus « sombre » à mesure des épisodes.
Il y aurait énormément à dire mais cela nécessiterait une analyse approfondie à laquelle votre interlocuteur ne consentira pas sous prétexte qu’il ne s’agit que d’un roman.
Il me semble qu’il faudrait néanmoins rendre votre entourage attentif à l’engouement qu’il subit et à l’imprégnation sociale de ce qui n’est qu’un « roman ». L’influence des ouvrages de Mme Rowling dépasse l’intérêt que peut susciter un bon ouvrage : il s’agit d’un phénomène de masse qui s’auto-entretient - ce que les occultistes appellent un « égrégore ».
Il y aurait énormément à dire mais cela nécessiterait une analyse approfondie à laquelle votre interlocuteur ne consentira pas sous prétexte qu’il ne s’agit que d’un roman.
Il me semble qu’il faudrait néanmoins rendre votre entourage attentif à l’engouement qu’il subit et à l’imprégnation sociale de ce qui n’est qu’un « roman ». L’influence des ouvrages de Mme Rowling dépasse l’intérêt que peut susciter un bon ouvrage : il s’agit d’un phénomène de masse qui s’auto-entretient - ce que les occultistes appellent un « égrégore ».