Le Saint-Père présente aujourd’hui Tertullien, premier théologien en langue latine.

À la jonction du deuxième et du troisième siècles, Tertullien offre le témoignage d’une foi qui enfante une « culture nouvelle». Sous sa plume, naît la littérature chrétienne en langue latine. Nous savons de lui qu’il a reçu à Carthage une solide formation rhétorique, juridique, historique et philosophique. Il se convertit à la foi chrétienne en voyant, semble-t-il, l’exemple des martyrs.

Son intransigeance et son individualisme, qui le conduiront à abandonner l’Église, n’ont pas empêché son œuvre d’exercer une influence notable et féconde, notamment sur saint Cyprien. Ses écrits, essentiellement apologétiques, défendent non seulement la foi contre les accusations injustes, mais présentent aussi de façon positive le contenu de la foi, dans un dialogue rigoureux avec la culture de son temps. C’est ainsi qu’il va approfondir de manière décisive la théologie trinitaire. Du point de vue moral, il exhorte les fidèles à l’espérance, qui concerne tous les aspects de l’existence chrétienne. Pour lui, la résurrection du Christ est le centre de la foi, qui fonde l’attente de notre propre résurrection: « La chair ressuscitera (…). Où qu’elle soit, elle est en dépôt auprès de Dieu, grâce à au médiateur très sûr entre Dieu et les hommes, Jésus Christ, qui rendra Dieu à l’homme et l’homme à Dieu » (RM 63,1).