On convient facilement que Joseph est silencieux : on ne l’entend pas. Mais on remarque moins qu’on ne le voit pas non plus. Même en l’aimant et en le priant, on peine à reconnaître sa présence et son action. Est-ce seulement parce qu’il est discret ?

Sa sainteté ne doit pas être négligée. Elle est la plus grande qui soit, après la Vierge Marie. C’est dire combien son cœur est pur et son autorité sur l’Ennemi est grande. C’est dire que saint Joseph vaut mieux que nous et que tous les autres saints. C’est dire combien il est différent de nous… Les personnes qui nous sont le plus étrangères nous sont aussi les plus invisibles.

C’est pourquoi le plus court chemin pour voir saint Joseph est celui du confessionnal. En détruisant le péché, Jésus-Christ met à jour en nous la surprenante sainteté de Dieu. Cette lumière révèle à nos yeux étonnés le monde réel : Joseph nous protégeant de sa houlette, Jésus nous portant sur ses épaules.

Les « mystères joyeux » … c’est vite dit ! La joie du recouvrement au Temple, sans doute, mais pas sans la désolation de la séparation : « pourquoi nous as-tu fait cela ? » (Lc 2,48). « Pourquoi me cherchiez-vous ? » (Lc 2,49) : la joie d’être réunis, certainement, mais pas sans le déchirement de l’incompréhension.

Les souffrances du Christ ne se limitent pas à Gethsémani. Le puissant mouvement de fond, le désir irrépressible d’être chez son Père, ne détournent pas Jésus de vivre à Nazareth. « Il leur était soumis » (Lc 2,51). C’est auprès de Marie et de Joseph que Jésus a appris l’essentiel de son combat : « non pas ma volonté, mais la tienne » (Lc 22,41).

Saint Joseph, nous te confions notre carême. Il est un chemin de joie où l’on entre par la cérémonie des Cendres. Il est le temps du détachement de soi et de l’union au Fils. Apprends-nous le renoncement à toute volonté propre.

« Jacob engendra Joseph, l’homme de Marie » (Mt 1,16)

Ainsi l’évangile présente-t-il saint Joseph : virum Mariae. La raison en est qu’il n’y a qu’un seul sponsus, qu’un seul Époux : le Christ.

Ainsi saint Joseph, époux de Marie, est-il un modèle de ministère épiscopal. « Qui a l’épouse est l’époux » (Jn 3,29). Un seul est l’Époux, les autres portent le titre par participation, mais ils ne sont que des serviteurs.

Beauté intime que Marie appelant son mari, comme il était coutume, « mon seigneur » et Joseph répondant à sa femme : « à ton service ».

Famille de Saint Joseph
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