« Rien n’est impossible à Dieu. » (Lc 1,37)

Saint Luc ne cherche évidemment pas à nourrir des espoirs insensés sur la réalisation de nos envies les plus folles. Ce verset conclut l’annonciation de l’archange Gabriel à la Vierge Marie. Il exprime l’Incarnation, il est la réponse au désir de l’homme le plus profond et le plus obscur à lui-même : retrouver la familiarité avec Dieu.

Saint Joseph apparaît alors doublement, pour les prêtres particulièrement, comme l’homme de l’impossible : il révèle à tout homme son désir d’un père qui soit Dieu et son désir d’enfanter Dieu en tout homme.

Chaque année, pour les fêtes, ils faisaient le voyage de Jérusalem. Solennité pleine de douceur, elle voyait naître de longues colonnes de pèlerins entonnant des séries entières de psaumes. « Quelle joie quand on m’a dit : nous irons à la maison du Seigneur ! » (Ps 121,1) « Heureux qui craint le Seigneur et marche en ses voies ! » (Ps 127,1) Sous le soleil de Galilée, d’Idumée, de Judée, à travers collines et vallées, ils unissaient leurs voix dans une unique louange : « Le Seigneur ton ombrage se tient près de toi ! » (Ps 120,5) « Quelles merveilles fit pour nous le Seigneur. » (Ps 125,3) « Le Seigneur te gardera, au départ et au retour, maintenant, à jamais. » (Ps 120,8) Le bonheur de cheminer en famille durant plusieurs jours, la joie pour des frères de demeurer ensemble, avaient goût d’infini. Marquant leur désir de retour à Dieu, ils marchaient vers la Cité de l’Éternel : « C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. » (Ps 121,4)

Saint Joseph, comme chaque année, était transporté. Il regardait Jésus et priait : « Appelez le bonheur sur Jérusalem : Paix à ceux qui t’aiment ! » (Ps 121,6)

On convient facilement que Joseph est silencieux : on ne l’entend pas. Mais on remarque moins qu’on ne le voit pas non plus. Même en l’aimant et en le priant, on peine à reconnaître sa présence et son action. Est-ce seulement parce qu’il est discret ?

Sa sainteté ne doit pas être négligée. Elle est la plus grande qui soit, après la Vierge Marie. C’est dire combien son cœur est pur et son autorité sur l’Ennemi est grande. C’est dire que saint Joseph vaut mieux que nous et que tous les autres saints. C’est dire combien il est différent de nous… Les personnes qui nous sont le plus étrangères nous sont aussi les plus invisibles.

C’est pourquoi le plus court chemin pour voir saint Joseph est celui du confessionnal. En détruisant le péché, Jésus-Christ met à jour en nous la surprenante sainteté de Dieu. Cette lumière révèle à nos yeux étonnés le monde réel : Joseph nous protégeant de sa houlette, Jésus nous portant sur ses épaules.

Famille de Saint Joseph
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