Homélie prononcée par le p. Jean Estrade, de Béziers, le 1er mai 1980 à Saint-Joseph de Mont-Rouge.

Chers AMIS,
Nous voici une nouvelle fois à Mont-Rouge ! Nous voici une nouvelle fois rassemblés dans ce vaste amphithéâtre ! Nous voici une nouvelle fois rassemblés autour de la table de l’Eucharistie !
Ne nous y trompons pas : c’est Jésus-Christ et Lui seul qui ici nous a rassemblés ! Telle est notre foi ! Tel est le sens de notre présence ici.

JÉSUS EUCHARISTIE
Jésus Eucharistie, qui au soir du Jeudi Saint prit le pain et le vin et le donna à ses disciples en disant :
« Prenez et mangez. Ceci est mon Corps. Prenez et buvez-en tous, Ceci est mon Sang. Faites ceci en mémoire de moi ».
Jésus Eucharistie, nous le célébrons chaque dimanche en nos assemblées dominicales de villes, de villages, de communautés.
Jésus Eucharistie, nous le célébrons chaque fois que nous consacrons le Pain et le Vin, comme il nous a dit de le faire.
Jésus Eucharistie nous le célébrerons très solennellement en 1981, au moment où autour de notre Pape Jean-Paul II, nous célébrerons le Congrès Eucharistique International de Lourdes que nous préparons déjà : « Jésus-Christ, pain partagé pour un monde nouveau ».
Chrétiens, nous sommes aussi des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes de l’avenir, je veux dire l’espérance d’un monde nouveau en train de naître. Mais, chrétiens, nous sommes aussi des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes fidèles au passé, fidèles aux racines profondes de notre foi, fidèles comme tous ceux qui depuis un certain Abraham, berger de son métier, se sont mis, comme lui, EN ROUTE, à l’appel de Dieu : « Va vers le pays que je te montrerai ».
Chers amis, j’y reviendrai ce soir plus longuement pour développer le thème qui est aujourd’hui le nôtre, mais fidèles à l’Évangile que nous venons d’entendre, j’aimerais que nous retrouvions tout au long de sa vie humble et cachée, la grandeur de saint Joseph, « le Saint Protecteur » que nous vénérons ici-même.

LA GRANDEUR DE SAINT JOSEPH
L’Évangile vient de nous le dire : « Voici comment Jésus fut engendré : Marie, sa Mère, était fiancée à joseph, lorsque, avant leur cohabitation commune, elle se trouva enceinte par la puissance du Saint -Esprit »
Avec vous tous, je veux remarquer l’insistance de l’évangéliste :
Marie n’a conçu le Fils de Dieu qu’en étant fiancée à Joseph, que parce qu’elle était fiancée à Joseph, que parce qu’il n’y avait ainsi donc aucun scandale.
À son tour l’ange dit à Joseph : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit-Saint »
Nous l’avons tous et toutes entendu : « Ne crains pas de prendre chez toi, dans ta maison, Jésus et Marie ».
Alors, nous tous ici rassemblés en ce jour pourquoi aurions-nous peur de venir chercher chez saint Joseph, dans sa maison, en ce lieu de pèlerinage… Marie et son Enfant. La Vierge Marie et Jésus… puisque c’est « chez lui », Joseph, qu’il a plu à Dieu lui-même de les mettre.
Certes ce n’est pas saint Joseph qui, à la messe, consacrera le Pain et le Vin : il n’est pas Lui « prêtre de Jésus-Christ ». Telle n’est pas sas mission, son ministère.
Sa mission, son rôle, sa vocation à lui saint Joseph c’est d’être le « Père nourricier de Jésus » comme Marie fut sa mère.

PÈRE NOURRICIER DE JÉSUS
Il le fut, lui saint Joseph, ne craignant pas de prendre Marie chez lui comme le lui demandait Dieu le Père. Grave décision, s’il en fut, qui engage le destin de tous les fils de Dieu sur la terre.
Aujourd’hui, il est facile à une jeune fille de trouver une communauté qui l’accueille et lui permette de vivre sa consécration à Dieu, sa virginité, mais alors, en ce temps-là, il fallait que Joseph prenne « chez lui » sa fiancée intacte et respectée pour qu’elle puisse enfanter et mettre au monde le Sauveur.
Père nourricier, il le fut, lui saint Joseph, ne craignant pas de protéger, de mettre à l’abri, d’amener hors du danger, Jésus et Marie sa mère, fuyant en Égypte et enlevant ainsi de la portée des soldats du tyran Hérode, « Celui dont l’heure n’était pas encore venue de donner sa vie pour le salut du monde ».
Père nourricier, il le fut, lui saint Joseph, ne craignant pas d’aimer certainement avec passion son métier de charpentier. Comme un artisan sait le faire, il devait s’identifier à lui et en faire toute sa vie. Il apportait ainsi de par sa profession, salaire et donc nourriture au foyer familial, permettant ainsi « au père » qu’il était de donner « à son Fils » qu’était Jésus, compétence et savoir-faire, grâce à la compétence et au savoir-faire qui était le sien et qu’il transmit ainsi à coup sûr au Fils de Dieu.
La paternité de saint Joseph est quelque chose d’unique au monde !
Qui dira ce que furent ces années de vie ensemble, de tête, d’intimité… de saint Joseph à Jésus :
ce rien et ce tout,
cette attitude d’esprit et de corps,
l’inflexion de la voix de l’un et de l’autre,
leurs regards uniques d’adolescent et de « père ».
Terribles, n’est-il pas vrai, ces hommes d’amour rayonnants l’un sur l’autre, rayonnants l’un à l’autre doucement, continûment, irrésistiblement.
Frères chrétiens, au moment où nous allons nous approcher une nouvelle fois et ici-même « chez saint Joseph », de Jésus-Eucharistie, ce n’est pas sans émotion et sans une grande reconnaissance que nous pensons à saint Joseph, que nous prions saint Joseph, qui, par sa peine et son travail, a nourri Celui-là même qui, pour nous, aujourd’hui, est bien le Pain de la Vie.

 

Famille de Saint Joseph
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