Pour succéder à Benoît XVI, le conclave a choisi le cardinal Jorge Mario Bergoglio, le Pape François. Ce nom, qui évoque la simplicité et l’humilité du Poverello d’Assise, est porté pour la première fois par un successeur de saint Pierre ; il ne s’agit pourtant pas du Pape « François 1er » ni de « François I », précisait tard dans la soirée le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi : « Il se nommera François I lorsque nous aurons un François II ».

Le Pape François

Le Saint-Père prévoit de rencontrer dans les prochains jours le Pape émérite Benoît, auquel il a téléphoné peu après l’annonce de son élection. Jeudi après-midi, le pape argentin célébrera une messe d’action de grâce avec l’ensemble des cardinaux dans la basilique Saint-Pierre ; il leur donnera audience vendredi matin dans la Salle Clémentine.

Le Pape François dispose de quelques jours pour se préparer à sa mission puisque la messe d’inauguration de son règne sera célébrée le 19 mars, pour la solennité de saint Joseph.

Mgr Bergoglio

Les médias ont à juste titre souvent souligné la tenue modeste et simple de cet évêque qui, totalement indifférent de son image médiatique, voyage toujours en bus ou en métro et qui n’hésite pas à rejoindre régulièrement les plus pauvres à l’autre bout de son immense diocèse. Il n’est réputé ni pour être théologien, ni intellectuel ni même polyglotte. Les journaux ont beaucoup glosé sur le silence qu’il cultive : il ne publie presque jamais, il refuse les interviews et laisse aux journalistes la tâche d’interpréter ses absences de « déclarations ».

Ses fidèles, eux, gardent l’image d’un prophète comme on n’en rencontre plus que dans l’Ancien Testament, dont la parole puissante résonne comme le tonnerre. Le cardinal Bergoglio dirigeait son diocèse d’une main de fer, exigeant paisiblement une obéissance stricte et réprimant calmement les dissidences, mais ayant su se faire aimer des prêtres de son diocèse. Dans son agenda chargé, il a toujours ménagé du temps à partager avec eux, les entourant et les écoutant, y compris en passant des heures entières auprès des plus âgés et des malades.

Ne cachant pas sa passion pour la littérature, Mgr Bergoglio a encouragé les prêtres à s’aventurer dans les milieux artistiques et intellectuels. Pour lui, il est en effet important de « franchir les frontières », pour rejoindre les plus pauvres d’abord et tout homme en général. On raconte que des jeunes furent pris dans l’incendie d’une boîte de nuit : Bergoglio arriva sur place, au milieu de la nuit, avant la police, et aida à lutter contre l’incendie meurtrier.

Il s’est ainsi peu à peu attiré la sympathie générale, y compris des médias. Finalement, sa personnalité effacée marque les esprits : son manque étonnant de mots — d’autant plus remarquable pour un Argentin — et ses gestes hiératiques, son regard intelligent, sa spiritualité évidente, et sa préoccupation constante des pauvres font de lui un pasteur attachant. On prétend qu’il saura gouverner fermement la Curie et qu’il saura assurément tenir tête aux puissants de ce monde. Mais les exigences et les attentes des médias du monde entier envers l’évêque de Rome seront probablement une Croix.

Famille de Saint Joseph
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