N’hésitez pas à me partager vos remarques et suggestions, ou à me poser vos questions : j’essayerai d’y répondre. C’est d’ailleurs déjà ce que je me propose de faire dans le présent article, qui répond déjà à un certain nombre d’interrogations qui sont remontées jusqu’à moi.

L’opportunité du projet

Pour commencer, je voudrais revenir un instant sur l’opportunité de ce projet. Vous vous doutez bien qu’avant de prendre une décision entraînant de telles dépenses – et qui plus est dans le contexte économique actuel ! – nous avons consulté et demandé l’avis d’un certain nombre de personnes qualifiées. J’ai été surpris de constater que toutes, sans exception, ont confirmé que la chapelle et le monastère correspondaient à des besoins réels pour le développement de l’Œuvre de Mont-Rouge, comme nous l’expliquions dans le numéro précédent de notre Écho.

S’agit-il de la Basilique de saint Joseph ?

Soulignons encore que la chapelle dont nous parlons n’est pas la « basilique » souhaitée par le Père Granier. Il s’agit dans un premier temps de pourvoir au besoin urgent de disposer d’un lieu de célébration pouvant rassembler quelque 220 personnes. La basilique aura d’autres dimensions, et sa capacité d’accueil sera de l’ordre du millier et pas de la centaine ! Nous gardons la « basilique de saint Joseph » comme un objectif pour les années à venir. Elle trouvera sa place sur l’esplanade, conformément au désir du Père Granier. Certes la chapelle et le monastère vont grignoter quelques arrhes, mais il y a encore largement la place pour ériger une vaste basilique ! Nous avons d’ailleurs demandé à l’architecte de la situer en premier sur les plans, afin de bien vérifier que la chapelle et le monastère n’empiètent pas sur l’espace qui lui est réservé.

Transformer une salle en chapelle

Puisque le projet de la basilique reste à l’ordre du jour, n’aurions-nous pas pu en attendant transformer durablement l’une ou l’autre salle de réunion en chapelle ?

C’est bien ce que nous faisons pour le moment, par la force des choses. Mais l’expérience a largement montré combien de tels aménagements demeurent insatisfaisants. De plus, nous avons besoin de toutes les salles de la maison pour assurer l’accueil des différents groupes. Nous allons même subdiviser la grande salle Jean XXIII – qui ne sert que pour les grands rassemblements – au moyen d’une cloison amovible, afin de pouvoir disposer de deux espaces supplémentaires d’environ 150 personnes. Il est arrivé plusieurs fois en effet, que des groupes soient en concurrence sur la salle Saintes-Thérèse, qui est pour le moment le seul espace pouvant contenir une centaine de personnes.

Ainsi donc, nous n’avons pas de salle de conférences « surnuméraire » qui puisse être transformée durablement en chapelle, et nous manquons d’un espace liturgique proportionné à la capacité d’accueil de la maison. Même si par miracle nous disposions demain de la basilique, la chapelle pour les groupes de 150 à 200 personnes nous ferait toujours défaut, car la basilique serait beaucoup trop grande pour eux !

Qu’en pense le père Granier ?

Peut-être certains d’entre vous s’étonnent-ils de découvrir un projet d’extension que le Père Granier, fondateur de Mont-Rouge, ne semble pas avoir envisagé.

Le Père Granier m’a toujours dit – et cela dès nos premières rencontres qui remontent à plus de trente ans – que le Seigneur lui confiait la construction des bâtiments, mais qu’il me reviendrait d’en assurer l’animation et de développer la spiritualité l’Œuvre. Aujourd’hui sa parole commence à se réaliser : Monseigneur Thomazeau a effectivement confié l’animation du centre spirituel aux Moines et Moniales de Saint Joseph, qui partagent leur prière monastique avec les pèlerins et les retraitants.

Le Père Granier avait certes réservé une aile du bâtiment Padre Pio pour les religieuses de l’accueil, mais il n’avait pas prévu que ce seraient des moniales, et qu’il y aurait aussi des moines à héberger ! Pour ceux d’entre vous qui ont déjà séjourné dans un monastère, vous aurez immédiatement compris que la situation actuelle ne peut être que transitoire : la vie monastique exige que les moines et moniales aient leur lieu propre, à l’écart, et qu’ils ne logent pas au sein de l’hôtellerie – plusieurs personnes nous l’ont d’ailleurs déjà fait remarquer.

« Vrais » ou « faux » moines ?

Vous pourriez encore argumenter que les Moines et Moniales de Saint Joseph ne sont pas de « vrais » moines, même s’ils en portent le nom. Ne s’agit-il pas d’une « nouvelle communauté » aux allures monastiques mais qui n’assume pas vraiment les exigences de cet état ? Si telle est votre pensée, je suis obligé de vous détromper. Avec l’accord de Mgr Thomazeau, nous sommes rattachés à l’Abbaye de Melleray (entre Nantes et Angers) et nous cheminons vers une affiliation à l’Ordre Cistercien. L’Abbé de Melleray et quatre frères sont venus passer une semaine dans nos communautés de Mont-Rouge et de Mont-Luzin (Lyon), et tous ont attesté que ce que nous vivons est authentiquement monastique.

Certes, vous ne trouverez pas d’autre monastère cistercien qui rassemble des moines et des moniales dans un même ensemble de bâtiments ; et les cisterciens français n’ont pas de ministère apostolique comme nous en avons à Mont-Rouge et à Mont-Luzin. Mais ce sont précisément ces « nouveautés » qui ont attiré l’attention de l’Ordre Cistercien. Depuis quelques années, et en réponse à l’appel des évêques, celui-ci réfléchit en effet à la manière de s’ouvrir davantage au monde pour mieux participer au projet de la nouvelle évangélisation – tout en gardant bien sûr sa spécificité monastique. Le rapprochement des Moines et Moniales de Saint Joseph a même fait l’objet d’une Commission spéciale au Chapitre Général de l’Ordre, qui avait lieu cet été à Assise. Au terme de sa réflexion, le dit Chapitre a fortement encouragé l’Abbé de Melleray à poursuivre le cheminement en vue d’une intégration des Moines et Moniales de Saint Joseph à l’Ordre cistercien, tout en sauvegardant le charisme propre de la Famille de Saint Joseph.

Tout ce long développement n’a d’autre but que de mieux faire comprendre la légitimité du projet de construction d’un petit monastère sur le site de Mont-Rouge, à proximité de la chapelle et de la maison d’accueil. Les Moines et Moniales de Saint Joseph pourront ainsi assurer durablement le ministère de la prière et l’animation du centre spirituel tout en développant l’Œuvre de Mont-Rouge, selon le désir et dans l’esprit du Père Granier.

Famille de Saint Joseph
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