Sous la dynamique impulsion des sœurs de Nevers, Mont-Luzin va développer son action de charité : dès 1869 – officiellement en 1872 – quelques sœurs prennent en charge une « pharmacie » et s’occupent au soin des malades, surtout des pauvres : aux archives de la Congrégation, cet ensemble porte le nom de « Miséricorde » ; un orphelinat accueille aussi quelques petites filles.

En 1875, le juge de paix s’avise et « avise » les sœurs que leur pharmacie est illégale, parce qu’elle ne comporte pas « la présence constante d’un pharmacien diplômé », au moins en qualité de « gérant ». L’affaire traîna trois ans ; la pharmacie persista, elle fournissait alors « les remèdes de première urgence ».

Un inconvénient matériel, mais bien gênant, paralysait le développement de la communauté et de l’orphelinat : l’eau était insuffisante. En vain avait-on creusé, fouillé le sol : aucune source n’avait été découverte. Au cours d’une retraite qu’il prêche à Mont-Luzin, Monseigneur Forcade se rappelle opportunément que vit à Nevers une sainte religieuse, à qui Dieu a départi des dons extraordinaires. « Ecrivez-lui de ma part, ordonne Monseigneur. Qu’elle prie, et qu’elle me dise, pendant que je suis ici, où il faut creuser pour avoir de l’eau. » Qui fut bien surprise et confuse en recevant cet ordre ? Sœur Saint-Cyr Jollet. Elle obéit. « Qu’on creuse à l’endroit le plus commode pour les besoins de la communauté, répondit-elle le lendemain. On trouvera de l’eau à 3 mètres environ. Voici les conditions : qu’on élève une statue à saint Joseph, et plus tard une chapelle en son honneur qui deviendra un lieu de pèlerinage. » On choisit l’emplacement « le plus commode », bien qu’un premier forage n’ait rien donné. Monseigneur y plaça une statue de saint Joseph. On creusa, et en effet, à 3 mètres, on trouva de l’eau. Bientôt cette « source » devint un lieu de pèlerinage : un petit livre d’or atteste que des pèlerins attribuèrent à cette eau des guérisons corporelles ou d’autres faveurs divines.

En dépit de nombreuses difficultés – dont les plus sérieuses étaient, semble-t-il, d’ordre financier – la chapelle fut enfin construite en 1932 : sa bénédiction date du 20 octobre.


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Chapelle initiale
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Intérieur de la chapelle
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Saint Joseph fut dès lors honoré comme le « patron spécial » de Mont-Luzin. Sa protection se manifesta en maintes occasions, mais très particulièrement lors des journées tragiques de juin 1940.

La découverte de la source permit à Mont-Luzin d’accueillir un peu plus d’habitantes. En 1893, à la « Miséricorde » et à l’orphelinat s’adjoignit une maison de retraite pour les Sœurs anciennes et malades. Aux archives de la Congrégation, en 1906 – fut-ce une conséquence des lois laïques de 1903-1905 ? L’orphelinat n’est plus mentionné. Lorsqu’éclate la guerre de 1939-1940, Mont-Luzin n’abrite plus qu’une « Miséricorde » et la maison de retraite.

CatégorieMLZ-Historique
Famille de Saint Joseph
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