Samedi matin, 4 août 1999, après avoir célébré la messe de saint Maximilien Kolbe à l’autel de la Vierge Marie dans l’Église du saint Curé d’Ars, après avoir partagé le petit déjeuner avec le séminariste présente à la maison, nous avons partagé les « travaux communautaires de nettoyage ». J’ai pris l’étage, j’avais une heure et demie devant moi. J’attendais ensuite la visité d’amis de Porto ! vers 9 h 30, tandis que je joue l’équilibriste dans la cage d’escalier pour dépoussiérer là où depuis des temps reculés la poussière s’était établie en maître, je tombe. Je parviens tant bien que mal à me mettre assis. Complètement sonné, je reste plusieurs minutes étourdi tachant de reprendre ma respiration. Puis je me lève. J’ai mal partout. Je ramasse le seau et la serpillière tombée au bas des marches. Voyant l’heure tourner, je termine rapidement le nettoyage laissé en plan suite à ma chute. La visite arrive comme prévu. Au moment de midi, je mets le bras qui me fait souffrir en écharpe. Sur le conseil de mes mais, je me laisse conduire à l’hôpital en début d’après-midi… ! Fracture de l’omoplate. Le médecin des urgences doit m’immobiliser le bras. Après conseil demandé auprès du chirurgien orthopédiste, on me prescrit le port d’une attelle. Un premier contrôle médical doit se faire dans 15 jours. On m’annonce un mois d’immobilisation du bras droit. Je dois annuler mon départ pour Rome en voiture programmé trois jours plus tard. Dès le soir, je célèbre la messe vigile de l’Assomption de Marie avec ma seule main gauche ! Tout devient compliqué, jusque dans les petits gestes du quotidien. Rapidement, bien des habitants du village m’ont adressé des marques de compassion. Une personne a même été jusqu’à imaginer que j’avais eu un accident de delta plane pendant mes vacances !
Je commence le 19 août une neuvaine à saint Joseph, pour lui confier mon handicap passager. Je vois la  » rentrée  » au séminaire, avec nos réunions de travail qui doivent reprendre dès le 30 août. Comment prendre des notes, préparer les plannings, travailler avec l’ordinateur, me déplacer ? Devant moi cependant s’ouvrent quelques jours de prière, de méditation, d’abandon. Chaque jour, je frictionne délicatement mon épaule avec un peur d’huile du sanctuaire de saint Joseph de Montréal.
Le 31 août, visite au chirurgien qui me demande : « comment allez-vous ? » – « j’ai l’impression que j’irai mieux sans l’attelle, ai-je répondu spontanément » – « eh bien, dit-il, enlevez-là ! »
Le jour même, j’ai recommencé à me servir du bras accidenté ; le lendemain, je prenais la voiture, le surlendemain je refaisais u peu de natation, et en 10 jours, avec 6 séances de kinésithérapie, j’avais oublié complètement l’accident ! Il y a bien sûr une mère de famille qui a beaucoup prié pour que je sois libéré rapidement des séquelles de cette chute. Cependant je constate la bienveillance de saint Joseph, me permettant d’assurer pleinement mon ministère en cette rentrée 1999-2000 ! L’année du Père nous prépare au Grand Jubilé – Joseph est aussi un père !

Père Jean-Patrick Ferré

CatégorieFioretti
Famille de Saint Joseph
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